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Plus de 90.000 nouveaux chômeurs en janvier

Pour son inauguration, le Pôle emploi ne s’attendait pas à une telle conjoncture. Le nouvel organisme, né de la fusion de l’ANPE et des Assedic, vient de communiquer un chiffre inquiétant : en janvier, 90.200 demandeurs d’emploi se sont inscrits auprès de ses services, soit un bond de +4,3% par rapport au mois de décembre.

Avec un tel chiffre, note La Tribune (pages 2 et 3), "le chef de l’Etat doit assumer la plus forte hausse mensuelle du chômage depuis la création des statistiques". Désormais, le nombre de chômeurs franchit la barre des 2,2 millions et "tous les motifs d’entrée à Pôle emploi ont progressé", observent Les Echos (pages 2 et 3) : fins des CDD, fins de mission d’intérim, licenciements économiques.

La situation est, en effet, particulièrement préoccupante. Comme le titre en une La Tribune, la France compte désormais "3.000 chômeurs de plus chaque jour". Pour Le Figaro (page 19), cela représente "près de 300.000 chômeurs de plus en un an". Et la situation ne devrait pas s’améliorer. Hier soir sur France 3, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a déclaré d’un ton alarmiste : "On va avoir des chiffres comme ça sur plusieurs mois." Pour Les Echos, "la multiplication des plans sociaux ou de départs volontaires dans les entreprises ces dernières semaines" est l’une des raisons de l’aggravation du chômage.

Crise oblige, ajoute Le Parisien/Aujourd’hui (page 10), l’offre d’emploi est en net recul en janvier : "Le Pôle emploi a enregistré 40.000 offres d’emploi de moins qu’en décembre, soit –14% et même –29% en glissement annuel." Dans l’opinion publique, analyse La Tribune, cette situation risque fort d’apparaître comme "la démonstration que les mesures prises par le gouvernement Sarkozy ne sont pas à la hauteur de l’ampleur de la crise".

De son côté, Bercy "tente de mettre en avant les nouvelles mesures d’accompagnement social", souligne Libération (page 17). Mais celles-ci ne séduisent pas les syndicats. Pour la CGT, rapporte Libération, "le décalage est criant entre la gravité de la situation et les réponses apportées". Dans Les Echos, la réponse du gouvernement via le fonds social est jugée par la CFDT "très insuffisante, tant dans son montant que dans la source du financement".

La carte de France redistribuée
Le rapport du comité présidé par Edouard Balladur sur la réforme des collectivités suscite une vive polémique. L’ancien Premier ministre, qui doit remettre son document dans quelques jours au chef de l’Etat, a été missionné pour réfléchir à "une grande réforme des collectivités locales", souligne Le Figaro (pages 3 et 4).

Résultat de cette réflexion, note L’Humanité (pages 2 et 3) : on passe "du mille-feuille au pudding". En effet, "le comité propose de ne conserver qu’une quinzaine des 22 régions en rattachant la Bourgogne et la Franche-Comté, Rhône-Alpes et Auvergne, en dépeçant la Picardie (l’Oise serait rattachée à l’Ile-de-France, l’Aisne à la Champagne-Ardenne, la Somme au Nord-Pas-de-Calais) et Poitou-Charentes". Enfin, la Loire-Atlantique serait intégrée à la Bretagne et les deux départements alsaciens fusionneraient.

Les "oppositions viennent de partout", indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 6). A commencer par la gauche, qui gère 20 des 22 conseils régionaux et plus de la moitié des départements. Les socialistes y perçoivent notamment une "attaque politicienne", explique le quotidien. Toutefois, poursuit Le Figaro, "le redécoupage des régions inquiète jusqu’aux sarkozystes". Si la plupart des élus de la majorité considèrent que ce rapport est "courageux", beaucoup se demandent "s’il ne l’est pas trop".

Frédéric Lavignette