PLFSS 2015 : nouveau dispositif pour les déserts médicaux

Le PLFSS pour 2015 devrait comporter une nouvelle mesure pour inciter les médecins libéraux à s'installer dans les zones sous dotées, révèlent Les Echos (page 4). Il s'agit plus exactement d'étendre le statut de "praticien territorial de médecine ambulatoire" à tous les praticiens, et non plus seulement aux jeunes généralistes qui s'installent. A la fin du premier semestre 2014, seuls 200 mé­decins ont choisi d'entrer dans ce dispositif et 200 autres sont prévus d'ici à la fin de l'année.

Les candidats s'engagent à rester sur place pour une durée déterminée et à modérer leur pratique tarifaire. En échange, ils sont assurés d'un revenu minimum pendant leur congé maternité ou paternité, en complément des indemnités journalières, précise le quotidien économique. Le PLFSS pour 2015 y ajoute un autre dispositif pour compléter le revenu des médecins s'installant dans les territoires qui se dépeuplent après les vacances.

Dans un rapport publié en juin, la Cour des comptes qualifiait de "modestes" les résultats obtenus pour réduire les inégalités territoriales en matière de santé. L'option démographique (incitation à se maintenir en rejoignant un cabinet de groupe), ou le dispositif "santé solidarité" (installation en zone sous dotée) n'ont pas produit les résultats escomptés. Or, ces mesures incitatives coûtent de plus en plus cher à l'assurance maladie (28,6 millions d'euros en 2012), soulignait la Cour des comptes.

Paris va-t-il devenir un désert médical ? interrogent Les Echos (page 4). Pour Claude Leicher, président du syndicat de médecins généralistes, MG-France, cela ne fait aucun doute : "L'offre est très déficitaire. Avant, la Picardie était considérée comme le prototype du futur désert médical, mais aujourd'hui, l'Ile-de-France l'a dépassée." La situation est particulièrement sensible à Paris concernant les généralistes. Leur nombre a baissé de 15% en sept ans dans la région et de 21% à Paris.

"L'effondrement du nombre de médecins généralistes est encore masqué par l'offre hospitalière surnuméraire dans la région, estime le président de MG-France, c'est pourquoi, à la moindre épidémie de bronchiolite, les urgences parisiennes sont encombrées, ce que l'on ne voit nulle part ailleurs en France." Une situation qui coûte cher à la Sécu, qui rembourse 240 euros pour une urgence, contre une soixantaine d'euros pour la consultation d'un généraliste de garde, précise le quotidien économique.

 

Agents territoriaux : la MNT estime la mutualisation "insuffisante"

Les collectivités locales ont la possibilité depuis 2012 de participer financièrement à la protection sociale de leurs agents. La Mutuelle nationale territoriale (MNT) dresse un premier bilan pour le moins mitigé du dispositif, indiquent Les Echos (page 28). Parmi les points positifs, la mutuelle se félicite de la nette augmentation du nombre de collectivités qui se sont engagées dans cette voie. En juin dernier, 41% d'entre elles contribuaient au financement de la complémentaire santé de leurs agents, contre 20% en mars 2013, précise le quotidien économique. "Dans le même temps, elles ont également été deux fois plus nombreuses à financer la couverture prévoyance (58% en 2014, contre 28% en 2013)", notent Les Echos.

Point négatif : les niveaux de participation sont "modestes" : 24,50 euros par mois en santé et 14,30 euros en prévoyance. "Les nouvelles venues entrent dans le dispositif à petits pas", constate Alain Gianazza, président général de la MNT. "La mutualisation dans un système où l'adhésion de l'agent reste facultative est insuffisante, souligne la MNT dans le quotidien économique. Un chemin important reste à parcourir" pour aller vers une généralisation de la couverture à tous les agents.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)