Plan d’économie de la « Sécu » : premières pistes

Après la sonnette d'alarme tirée le 29 mai par le comité d'alerte, l'assurance maladie "planche actuellement sur les mesures de redressement qui s'imposent", indique La Tribune (page 25). Même si le Premier ministre, François Fillon, estime que le déficit n'est "pas alarmant", l'objectif de la "Sécu" est de réaliser une économie d'un milliard d'euros sur 2007, poursuit le quotidien économique.

Selon les informations obtenues par ce quotidien, le plan envisagé comprendrait une série de mesures "touchant à la fois les professionnels de santé, les assurés et les médicaments". Concernant les patients, un déplafonnement du forfait de 1 euro est prévu, ce qui devrait rapporter entre 100 et 200 millions d'euros. A l'heure actuelle, ce forfait est limité à 50 euros par an et par personne. En outre, l'assurance maladie envisage de pénaliser davantage les consultations réalisées hors du parcours de soins (elles sont aujourd'hui remboursées à 60% au lieu de 70%). Economie attendue : 150 millions d'euros. Enfin, le dispositif réservant le bénéfice du tiers payant aux patients qui acceptent la délivrance d'un médicament générique devrait être étendu à tout le territoire. Economie réalisable : 50 millions d'euros.

Autre piste avancée : "L'assurance maladie miserait sur une économie de l'ordre de 150 millions d'euros en contrôlant davantage, lors d'une hospitalisation, la bonne imputation des dépenses entre la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) et la branche maladie", écrit la journaliste Véronique Chocron. Concernant les professionnels de santé, une centaine de millions d'euros "proviendrait de décotes tarifaires en direction des radiologues". Par ailleurs, 300 millions viendraient de la baisse de prix de médicaments et 100 millions d'euros de la baisse de dispositifs médicaux.

L'assurance maladie devrait présenter son plan au comité d'alerte avant le 30 juin, une fois ce dernier "finalisé et validé par le gouvernement". Quant aux franchises médicales, elles figureront "quoi qu'il en soit dans le prochain projet de loi de financement de la Sécu, débattu à l'automne, pour une application prévue début 2008", rappelle La Tribune.

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Même si le nombre de malades victimes du cancer doit doubler d'ici à 2020, les 30.000 cancérologues du monde entier, réunis cette semaine à Chicago, sont plutôt optimistes. Au cours de cette 43e réunion de l'American Society of Clinical Oncology (Asco), les chercheurs ont manifesté leur confiance dans "l'efficacité des nouvelles molécules dites “ciblées“", indique Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 3).

Ces traitements apparus au début des années 2000 sont "de véritables interrupteurs biologiques", expliquent Les Echos (page 19). En interrompant la transmission "de signaux déclenchant le processus de cancérisation de la cellule" la tumeur est ainsi asphyxiée par ces molécules. Ce traitement est bien moins lourd qu'une chimiothérapie, précise Le Parisien/Aujourd'hui.

Il ne faut pas pour autant crier victoire. Pour le Pr Jean-François Morère, responsable du service oncologique de l'hôpital Avicenne de Bobigny, les dizaines de nouvelles molécules actuellement disponibles ne font que ralentir le développement des cancers mais sans les guérir. Toutefois, elles "agissent sur des cancers considérés jusqu'ici comme incurables", ce qui autorise un réel espoir, "autant du côté des patients que des médecins". Comme cela se produit pour le sida avec les multithérapies, il y a actuellement "certains types de cancer dont on ne pourra pas guérir, mais avec lesquels on pourra vivre moyennant un traitement à suivre à vie", annonce-t-il.