Plan Alzheimer : 48 mesures contre la maladie

Le rapport de la commission chargée de l'élaboration du plan Alzheimer sera remis en fin de journée au président de la République. Il fixe dix objectifs, formule vingt-huit recommandations et propose quarante-huit mesures, indique le quotidien Les Echos (page 6), qui reparaît aujourd'hui après deux jours d'absence des kiosques.

L'accent est d'abord mis sur la recherche. Elle est aujourd'hui "dispersée", "gravement insuffisante", et devra bénéficier d'un "effort sans précédent", piloté par une fondation de coopération scientifique (FCS), dont l'Inserm serait un élément essentiel, poursuivent Les Echos. Cette fondation serait le support administratif d'un "réseau national d'excellence", qui veillerait à la bonne utilité des investissements. Selon Le Figaro (page 8), le Pr Joël Ménard, président de cette commission, évalue à une cinquantaine de millions d'euros les besoins supplémentaires en matière de recherche.

Côté soins, la commission retient l'idée d'un "forfait annuel" versé au médecin traitant. Il inclurait la formation continue, la participation aux actions de coordination avec d'autres professionnels de santé, le recueil de données épidémiologiques…

En revanche, la commission reste muette sur les modes de financement de ces dispositions. Elle évoque simplement "la nécessité d'un choix clair de financement public et de politique publique". Les nouvelles franchises médicales, dont l'apport financier est estimé à 850 millions d'euros en année pleine, n'y suffiront pas, relèvent Les Echos. Ce quotidien rappelle que la question du financement sera confiée au ministre des Relations sociales et de la Solidarité. Xavier Bertrand doit mettre en place une "cinquième branche" de la Sécurité sociale, en charge de la dépendance. Pour sa part, la Caisse nationale de solidarité (CNSA) prône une prestation unique, mais ses membres n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le mode de financement.

Le deuxième axe du plan Alzheimer concerne l'amélioration de la prise en charge. A commencer par la mise en place d'un "dispositif d'annonce" de la maladie, à l'instar de ce qui s'est fait pour le cancer. Autre proposition, rapportée par Les Echos : les consultations mémoire devront être "renforcées et généralisées sur tout le territoire".

Le Figaro précise que la commission s'est aussi penchée sur l'accompagnement du patient et de sa famille. Elle plaide pour laisser le libre choix à la personne âgée de vivre à domicile ou dans un établissement spécialisé. A ce sujet, il faut lire dans Libération (page 10) le témoignage bouleversant de Paula. Cette jeune femme s'occupe à temps plein de sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer, faute de prise en charge adaptée ou de place dans une structure spécialisée qui leur soit financièrement accessible.

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Plus de 9 personnes sur dix qui font appel au Secours catholique vivent en dessous du seuil de pauvreté ( 817 euros par mois), rapporte La Croix (pages 1 à 3). La proportion des chômeurs parmi ces demandeurs d'aide est passée de 38 à 43% en un an. Dans une étude publiée aujourd'hui, cette association trace les contours d'une "géographie de la pauvreté". Elle fait apparaître de fortes disparités régionales.

"J'ai été frappé par la prégnance des problèmes de santé en Bretagne. Dans cette région, près de 15% des personnes reçues dans nos délégations sont inactives pour cause d'invalidité, un taux largement supérieur à la plupart des autres régions", explique Pierre Levené, secrétaire général du Secours catholique. "Côté bonnes nouvelles, l'étude montre que les habitants du Nord-Pas-de-Calais et de Champagne-Ardenne sont nombreux à bénéficier d'un logement social", ajoute-t-il.

John Sutton

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