Pharmaciens : division sur le paiement à la boîte

Dès janvier, le montant versé aux pharmaciens pour chaque boîte de médicaments vendue va passer à 80 centimes (puis 1 euro à partir de 2016). Pour chaque ordonnance complexe, c'est-à-dire avec au moins cinq prescriptions, les officines bénéficieront d'un bonus de 50 centimes. Cette annonce, confirmée mardi par un arrêté, cadre ainsi les nouveaux modes de rémunération des officinaux fixés par l'accord signé en 2012 par le syndicat majoritaire des pharmaciens (FSPF) et l'assurance maladie. Il aura donc fallu attendre un an et demi pour voir cet accord entrer en vigueur, indiquent Les Echos (page 4).

Pour le FSPF, cette mise en oeuvre n'est qu'une première étape. En effet, explique Philippe Besset, son président, "nous initions la transformation d'un métier de commerçants vers un modèle de professionnels de santé rémunérés à l'acte". De son côté, l'USPO, deuxième syndicat de pharmaciens et non signataire de l'accord, estime qu'une "si longue attente témoigne de l'embarras gouvernemental", rapporte le quotidien économique. Pour lui, le but de l'accord "était de décorréler les prix et les volumes, mais on fait l'inverse ; c'est pourquoi il faut rouvrir la négociation", martèle son président, Gilles Bonnefond.

Selon lui, ajoutent Les Echos, "la logique de rémunération des volumes est sans avenir dans un système de santé qui programme chaque année 1 milliard d'euros d'économies sur le prix des médicaments et qui fait la chasse aux prescriptions inutiles".

De fait, entre 2.000 et 3.000 officines seraient menacées dès 2017, car "payer 1 euro par boîte ne nous protégera pas des baisses de prix", ajoute-t-il. A moins d'adopter d'autres modes de rémunération comme par exemple "la rémunération sur objectifs de santé publique pour suivre les patients diabétiques".

A lire aussi – Inégalités sociales face au suicide

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a rendu public le premier rapport de l'Observatoire national du suicide. Selon ce document abondamment chiffré, rapporte La Croix (page 8), le suicide est, d'une part, le fait des hommes, et, d'autre part, fortement lié à la position sociale.

En 2011, 11.400 décès par suicide ont été recensés en France. Et pour 100.000 habitants, 27,7 des suicidés sont masculins, contre 8,1 féminins. Ensuite, note le quotidien, "si le travail joue un “rôle important” dans la production des inégalités face au suicide, le fait d'exercer une activité professionnelle a un effet protecteur". Un demandeur d'emploi se trouvera, en effet, plus fragilisé qu'un salarié, et les risques de suicide seront multipliés par 3. A noter également que les agriculteurs, les employés et les ouvriers ont un risque deux à trois fois plus élevé que les cadres.

"Les fortes inégalités sociales de mortalité par suicide montrent que cet espace des choix ne se présente pas de la même manière en haut et en bas de l'échelle sociale", écrit l'Observatoire. Et d'ajouter que "la plupart des personnes qui attentent à leur vie le font non parce que la vie en général ne leur semble pas valoir la peine d'être vécue, mais parce qu'ils ne trouvent pas d'autre issue dans leur vie en particulier. Le suicide constitue un choix par défaut, lorsque les autres moyens de soulager la souffrance semblent inaccessibles".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)