croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Peut-on faire confiance à la médecine prédictive ?

Faut-il utiliser les tests génétiques pour évaluer les risques d’apparition d’une maladie ? Les médecins sont divisés face à leur prolifération.

Huit Français sur dix seraient prêts à faire un test génétique de prédispositions héréditaires aux cancers, selon un sondage Viavoice réalisé pour l'Observatoire cancer de l'Institut Curie, annonce Le Figaro. "Lorsque l'on évoque l'hérédité des cancers, les Français pensent d'abord au cancer du sein, car c'est le plus fréquent des cancers féminins. Mais le cancer colorectal est également concerné", note Le Figaro.

Le principal frein potentiel à la réalisation d'un test génétique de prédisposition aux cancers est "le risque de voir les résultats utilisés à d'autres fins" (assurance, prêt immobilier, vie professionnelle...), pour 54% des Français, devant l'angoisse liée à la connaissance d'un risque personnel (44%) et la culpabilité liée à la possibilité de transmettre ce risque (25%), commente le quotidien.

Passer un test génétique n'est pas anodin, d'où l'encadrement législatif rigoureux en France via des consultations d'oncogénétique. Pourtant certains n'hésitent pas à faire des tests à l'étranger via Internet. A leurs risques et périls. "On peut trouver tout et n'importe quoi dans ces tests, met en garde, dans Le Figaro, le Dr Catherine Nogues, généticienne, y compris des gènes dont le risque n'est pas prouvé."

Faut-il se méfier de la médecine prédictive ?, interroge Le Parisien, qui lance le débat entre un médecin et une chercheuse. Le Pr Pascal Pujol, président la Société française de médecine prédictive et personnalisée (SFMPP), défend "l'accès aux prédictions génétiques" pour sauver des vies, tandis que, de son côté, la généticienne Ségolène Aymé alerte sur les "inconvénients à trop savoir".

L'utilisation des tests génétiques pour détecter les facteurs de risques de maladie soulève bien des questions éthiques et juridiques. "Aujourd'hui, on sait prédire des affections graves. Mais vous, moi, c'est-à-dire le citoyen « lambda » sans antécédents familiaux, n'avons pas le droit de faire des analyses génétiques, regrette le Pr Pascal Pujol. Or, on peut être porteur de mutation de gènes favorisant les maladies graves ou les cancers, même sans antécédent ! Attention à ne pas sacrifier les progrès de la médecine au nom du tout éthique. A la clé, il y a tellement de vies sauvées."

De son côté, Ségolène Aymé s'inquiète du "tout prédictif" et appelle à la prudence. "Pourquoi ne disposerions-nous pas tous de nos informations génétiques ?", lui demande Le Parisien. "Parce que ce n’est pas utile, répond-t-elle. On sait mal interpréter ces informations et, pour beaucoup, nous n’avons rien à offrir en termes d’action pour faire changer les choses."

"Penser tout génétique suscite de la parano et risque même de parasiter le système de soins, qui ne peut être efficace que s’il est global", explique-t-elle. "Il y a un tas d’inconvénients à trop savoir. Que faire de l'information recueillie ? Pour un même risque, il y a une multitude d'attitudes du patient qui va devoir faire un choix de vie. Il faut vraiment un encadrement précis et une réponse individuelle", estime la généticienne.

"Pour certains, les tests sont une immense chance. Mais pour tous, il y a d'autres actions préventives très utiles à faire, comme arrêter le tabac, limiter l'alcool, veiller à son alimentation, à son activité physique", estime-t-elle.

A lire aussi dans la presse

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)