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Personnes âgées : trop de psychotropes inappropriés

On savait que les personnes âgées consommaient trop de médicaments, on sait désormais que nombre d'entre eux leur sont prescrits de façon inappropriée. Les médicaments inappropriés, précise Le Monde, sont des produits dont le rapport bénéfice-risque est défavorable, ou dont l'efficacité est discutable "alors même qu'il existe des alternatives thérapeutiques plus sûres". Ces prescriptions ont fait l'objet d'une étude auprès de 327 patients de plus de 65 ans, hospitalisés dans les services de psychiatrie des Hôpitaux de Marseille, explique le quotidien.

L'ensemble de cette enquête, réalisée par l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), a été publiée dans la revue Psychopharmacology du 30 avril.

Il en ressort que ces patients, âgés en moyenne de 73,9 ans, prenaient chaque jour 6,5 médicaments, dont 2,8 psychotropes. Près de 70% d'entre eux consommaient des anxiolytiques (surtout des benzodiazépines), 17,2% des hypnotiques et 11% des antipsychotiques de première génération. "Or, les benzodiazépines, à demi-vie longue [disparaissant de l'organisme en plus de vingt heures] ne sont pas recommandés pour les personnes âgées", rappelle le Dr Guillaume Fond, psychiatre et chercheur à l'Inserm, cosignataire de l'étude.

En France, près du tiers des personnes âgées de 65 ans et plus consomment des benzodiazépines et des psychotropes, généralement prescrits pour les troubles du sommeil, des symptômes dépressifs ou l'anxiété. La moitié se voit prescrire des produits à demi-vie longue, y compris après 85 ans, déplorait déjà la Haute Autorité de santé (HAS) en 2007. "Or, ces molécules, notamment quand elles sont prises longtemps et à forte dose, augmentent les risques de chutes traumatiques", qui s'ajoutent aux troubles cognitifs, psychomoteurs et du comportement, ou encore aux accidents de la route.

"Aucun traitement pour réduire l'anxiété n'a encore démontré son efficacité", souligne le Dr Guillaume Fond. Pourtant, de nombreuses personnes âgées consomment ces médicaments depuis plus de dix ans. Les auteurs de l'étude de Marseille recommandent ainsi l'utilisation des nouvelles générations d'antipsychotiques et d'antidépresseurs, et des anxiolytiques à demi-vie courte. "Il est vrai que les médecins sont souvent démunis face aux personnes âgées touchées par des troubles psychiatriques", reconnaît le Dr Fond. D'où l'urgence de développer une prise en charge non médicamenteuse.

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