croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Pénibilité au travail : voici le « compte de prévention »

En 2018, le "compte pénibilité" aura disparu, à la faveur du "compte de prévention". Une nouvelle mouture du dispositif va être mise en place en l'allégeant de certains de ses critères.

C'est par un courrier envoyé par le Premier ministre, Edouard Philippe, que les partenaires sociaux ont appris ce week-end que le compte pénibilité allait être simplifié et renommé. Baptisée "compte de prévention", et prévue pour entrer en vigueur en 2018, la nouvelle mouture du dispositif va perdre quatre de ses critères pour n'en conserver que six.

Il y a deux ans, et après d'âpres négociations, rappelle Le Parisien, le compte pénibilité a été mis en place par étapes afin de permettre aux salariés exposés à des conditions de travail difficiles de cumuler des points. Entre autre but : partir à la retraite plus tôt. Parmi les critères de pénibilité figurent le travail de nuit, le travail répétitif, les horaires alternants ou l'activité en milieu hyperbare, celle en milieu bruyant et celle en situation de températures extrêmes. Ces critères restent maintenus dans le compte de prévention.

En revanche, quatre autres risques ont été exclus de la nouvelle formule du compte à points : la manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les risques chimiques. Il s'agit, explique Le Figaro, "des critères les plus critiqués par le patronat, qui les jugeait « inapplicables » au motif qu'ils sont difficilement mesurables." Critères qualifiés même d'"usine à gaz" par le Medef, une expression reprise par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ce dimanche au Grand Rendez-vous sur Europe 1.

Autre décision gouvernementale : la suppression de deux cotisations "employeurs" destinées à financer le dispositif. Selon Le Parisien, "le coût sera supporté demain par la branche accidents du travail de la Sécurité sociale, la seule de la Sécu à être dans le vert" (900 millions d'excédents cette année).

Au final, observe Le Monde, cette modification du compte pénibilité " se veut un compromis entre les souhaits de la CFDT, très attachée à cette mesure emblématique du quinquennat Hollande, et ceux du patronat".

Pour autant, note Le Figaro, le secrétaire général de ce syndicat, Laurent Berger, déplore la suppression des taxes employeurs. "Je suis assez attaché au principe de pollueur payeur sur la question de la pénibilité", a-t-il déclaré sur France Info.

Pour sa part, signalent Les Echos, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé sur France 3 que "la pénibilité est une question importante et il y a besoin de renforcer la prévention et la réparation, et non pas d'être au garde-à-vous quand Monsieur Gattaz réclame la suppression du compte pénibilité".

A lire aussi dans la presse

 

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)