croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Pauvreté : 5,60 euros par jour pour vivre

Le Secours populaire a présenté hier les résultats de son dernier baromètre porté, cette année, sur la perception qu'ont les Français de la précarité. Par le biais de l'institut Ipsos, qui a consulté plus de 1.000 Français, l'association caritative en arrive à ce constat : l'idée de la pauvreté est de plus en plus ressentie par nos concitoyens.

A partir de quand est-on considéré comme pauvre ? A cette question, rapporte La Croix (page 9), un seuil moyen de revenus mensuels a été fixé par les personnes interrogées. Selon elles, si l'on dispose de moins de 1.070 euros pour une personne seule, c'est-à-dire moins du smic net (1.128 euros) mais un peu plus du seuil officiel de pauvreté établi à 987 euros, on est en situation de précarité.

Ce regard aiguisé des Français sur la pauvreté est le signe qu'elle est côtoyée "de plus en plus près", écrit le quotidien. En effet, "le sondage révèle que deux tiers des personnes interrogées (66%) connaissent une personne pauvre dans leur entourage, soit 10 points de plus qu'avant le début de la crise, en 2008".

L'an dernier, le Secours populaire a accueilli dans ses permanences plus de 2,6 millions de personnes. Et pour la plupart d'entre elles, le "reste pour vivre", c'est-à-dire les ressources disponibles une fois payées les charges incompressibles telles que le loyer, les factures d'énergie ou les remboursements d'emprunts, se réduit de plus en plus. Selon l'association, il reste à son public aidé une moyenne de 5,60 euros par jour et par personne pour manger, se vêtir, se déplacer, mais aussi se soigner.

En la matière, ajoute Libération (page 13), le renoncement aux soins est en augmentation. D'après le baromètre, entre 9% et 32% des Français déclarent avoir reporté de plusieurs mois un acte médical en raison de son coût, ou y avoir renoncé. C'est le cas d'une personne sur cinq pour les soins dentaires.

Interrogée par le quotidien, Véronique, marseillaise smicarde de 56 ans, avoue que les dépenses de santé sont celles qu'elle sacrifie en premier, malgré sa mutuelle. "Pour remettre en état ses dents du haut, noircies et abîmées, il lui faudrait débourser 1.000 euros", écrit Libération. Quant à ses lunettes, dit-elle, "elles ne sont plus à ma vue, mais les verres coûtent trop cher".

 

Des mutuelles d'initiative locale

Alors que la pauvreté progresse et que de plus en plus de Français renoncent à se soigner faute de moyens financiers, certaines communes choisissent de mettre en place des contrats collectifs, négociés auprès de complémentaires santé, au bénéfice de leurs habitants. Une autre manière de favoriser l'accès aux soins et de garantir la complémentaire santé pour tous. Comme le souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 5), l'accord national interprofessionnel (ANI) qui étend la couverture santé à tous les salariés laisse sur le bord de la route les retraités, les chômeurs ou encore les travailleurs indépendants.

"C'est pour ces populations qu'a été créée en avril dernier l'association Actiom (Action de mutualisation pour l'amélioration du pouvoir d'achat)", écrit Daniel Rosenweg. Depuis cet été, elle propose des contrats santé aux communes qui souhaitent en faire bénéficier leurs habitants. Une dizaine d'entre elles a déjà souscrit ce type de contrats, qui cumulent "les avantages du contrat collectif (moins cher) et celui du contrat individuel (sur mesure)".

Le choix des mutuelles se fait sur la base d'un cahier des charges rédigé par l'association et prévoyant trois niveaux de garanties. Pour ces contrats d'un genre nouveau, deux d'entre elles ont été retenues : Miel mutuelle et Pavillon pré­voyance. Avec, à la clé, parfois près de 50% d'économies sur la facture.

Pour être si compétitifs, raconte au Parisien/Aujourd'hui Christian Petit, le directeur commercial de Pavillon prévoyance, "nous avons réduit nos marges car nous n'assurons pas la commercialisation, et le risque est mutualisé sur une large population". "La difficulté pour nous, concède-t-il, c'est que nous ne savons pas qui va choisir ces contrats ; des retraités, des personnes fragilisées ? Il est donc difficile de calculer les risques, mais l'objectif, c'est que le contrat soit à l'équilibre et pérenne."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)