Les patients invités à évaluer médicaments et dispositifs médicaux

La Haute Autorité de santé (HAS) souhaite pouvoir prendre en compte le point de vue des patients dans l'évaluation des médicaments et des dispositifs médicaux, en vue de leur remboursement par l'assurance maladie.

Les associations de patients et d'usagers pourront bientôt prendre part à l'évaluation des médicaments et des dispositifs médicaux, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres pays. Dès le 21 novembre 2016, la Haute Autorité de santé (HAS) les invitera à partager leur expérience sur l'ensemble des produits sur lesquels une procédure est planifiée, qu'il s'agisse d'un nouveau médicament ou de la réévaluation d'un médicament d'ores-et-déjà mis sur le marché.

"Les patients disposent d'un savoir spécifique sur les maladies qui les touchent et les traitements médicaux, explique la HAS, dans un communiqué de presse. Leur expérience du vécu de la maladie, des traitements existants ou du parcours de soins sont autant d'éléments qui peuvent enrichir l'évaluation des produits de santé." Les patients sont dès à présent intégrés aux procédures existantes de la HAS, via la sollicitation des associations d'usagers et la présence de patients dans les commissions, mais cette expérimentation devrait permettre "de prendre en compte plus systématiquement leur point de vue".

L'expérience du vécu

Les questionnaires-types qui seront adressés aux patients, afin de guider et de structurer leur contribution, sont déjà consultables sur le site Internet de la HAS. Les patients disposeront de trente jours pour formuler leur point de vue "de façon formalisée et collective". Ils pourront indiquer "comment ils vivent la maladie, l'impact de celle-ci sur leur vie quotidienne et leur entourage, leur vécu du parcours de soins, leur point de vue sur les traitements et le produit évalué". Ces contributions seront transmises aux experts membres des commissions de la HAS.

Chaque année, la HAS traite plus de 150 procédures d'instruction pour le médicament et une centaine pour le dispositif médical, en vue de leur remboursement par l'assurance maladie et de la fixation de leur prix par le Comité économique des produits de santé (CEPS). Un premier bilan de cette expérimentation sera réalisé à l'issue des 6 premiers mois de fonctionnement.

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Sophie Lecerf

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)