Pacte de solidarité : éducation, santé et pouvoir d’achat

"J'ai entendu votre message parce qu'il est clair. Pas assez de changement et donc trop de lenteur. Pas assez d'emplois et donc trop de chômage. Pas assez de justice sociale et trop d'impôts. Pas assez d'efficacité dans l'action publique et donc trop d'interrogations sur la capacité de notre pays à s'en sortir, alors qu'il a tant d'atouts", a déclaré le président de la République au début de son allocution télévisée, hier à 20 heures.

Le chef de l'Etat a assuré qu'il avait entendu le message de "mécontentement" des électeurs et a annoncé la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre, qui succède à Jean-Marc Ayrault.

"Ce sera une équipe resserrée, cohérente et soudée, comment dire, un gouvernement de combat", promet François Hollande, cité dans Libération (page 2). D'entrée, le chef de l'Etat fixe trois objectifs au nouveau gouvernement : "redonner de la force à notre économie", garantir "la justice sociale" et assurer "l'apaisement et le rassemblement" des Français, ré­sume le quotidien. "Hier soir, François Hollande a exclu de dévier de son cap. Pas de changement de politique", commente La Croix (page 3) mais des "inflexions nécessaires".

"Au pacte de responsabilité, doit correspondre un pacte de solidarité. Son premier pilier, c'est l'éducation, la formation de la jeunesse ; son second, c'est la Sécurité sociale avec la priorité donnée à la santé ; et enfin le troisième, c'est le pouvoir d'achat avec une diminution des impôts des Français d'ici 2017 et une baisse rapide des cotisations payées par les salariés", a expliqué le président, dont les propos sont repris dans Libération et La Croix.

"La baisse des charges sociales ciblerait les bas salaires et serait financée, au moins en partie, par la suppression de la prime pour l'emploi (PPE), un crédit d'impôt dont bénéficient six millions de foyers aux revenus modestes", explique Vincent Collen dans Les Echos (page 4). "Il est légitime de baisser aussi les cotisations des salariés", a insisté hier le chef de l'Etat. "Cette mesure permettrait à la fois d'alléger les prélèvements obligatoires, de donner un coup de pouce au pouvoir d'achat tout en favorisant, indirectement, la compétitivité", explique le quotidien économique. Mais, les modalités précises ne sont pas arrêtées, en particulier le plafond de rémunération donnant droit aux allégements, ni le calendrier, souligne le quotidien.

La composition du nouveau gouvernement pourrait être annoncée dès aujourd'hui pour des passations de pouvoir demain et un premier Conseil des ministres jeudi matin, prévoit Libération. La journée devrait donc donner lieu à d'intenses consultations. "Marisol Touraine devrait rempiler (mais pas forcément à la Santé). Michel Sapin (Travail et Affaires sociales) sera une des poutres maîtresses du nouveau gouvernement", croit savoir Le Parisien/ Aujourd'hui (page 4), qui avance que ce dernier nom circule pour le poste de secrétaire général de l'Elysée ou de ministre de l'Economie et des Finances. Dans cette "valse des ministres", selon la partition du Parisien, Ségolène Royal, candidate à la présidentielle de 2007, "devrait occuper un gros ministère autour de la Jeunesse et de l'Education". Bertrand Delanoë, ancien maire de Paris, pourrait remplacer Christine Taubira à la Justice, le ministère de l'Intérieur reviendrait à François Rebsamen et Arnaud Montebourg resterait à l'Industrie.

"Chez les ministres écolos, un rejet durable", ironise le titre de Libération (page 3). Cécile Duflot (Logement) et Pascal Canfin (Développement) ont prévenu d'emblée qu'ils n'entendaient pas participer à ce nouveau gouvernement. "Ce n'est pas une question de personne, mais bien d'orientation politique", ont-ils expliqué dans une déclaration commune, citée dans Libération.

John Sutton

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