croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Outre-mer : la santé mal en point

Mauvais diagnostic pour la santé publique en outre-mer. Selon un rapport de la Cour des comptes publié hier, "les 2,7 millions d'ha­bitants ultra-marins, soit 4% de la population française, vivent dans des conditions qui sont encore loin de celles de la métropole", rapporte Le Figaro (page 21).

Certes, observe le document, "les déterminants de santé, c'est-à-dire les facteurs socio-économiques mais aussi climatiques et environnementaux, qui rejaillissent sur la santé des populations, sont […] très différents de ceux de l'Hexagone".

Il n'empêche : ces dernières années, la mortalité infantile a augmenté en Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion : pour 1 000 naissances on compte en effet entre 4,1 et 9 décès d'enfants, soit 2,5 fois plus qu'en métropole. Les épidémies de fièvre (zika en Polynésie, chikungunya aux Antilles) ou encore le sida contribuent de surcroît à augmenter le taux de mortalité global, au même titre que les maladies chroniques (diabète, hypertension, insuffisance rénale chronique terminale) en augmentation "importante et continue", selon les termes employés par la haute juridiction financière.

Pour faire face à ces risques, soulignent lesechos.fr, les habitants de ces départements ne bénéficient pas du même niveau économique et "les inégalités entre les territoires sont criantes".

A Saint-Pierre-et-Miquelon, par exem­ple, la dépense de santé par habitant avoisine les 5.000 euros par an alors qu'"elle est proche de 2.800 euros en Martinique et en Guadeloupe, et tombe à 1.566 euros en Guyane. A Mayotte, elle dépasse à peine 800 euros par an".

En outre, poursuit La Croix (page 11), à l'appui du même document, les systèmes de santé ultramarins sont "à la peine" car leur médecine est peu développée. Dans chaque territoire, la den­sité des cabinets médicaux (généralistes et spécialistes) est en effet inférieure à celle de la métropole. A cela s'ajoute leur mauvaise répartition. De ce fait, observe la Cour des comptes, l'hôpital constitue « l'armature du dispositif de soins, comme le montre en particulier la surcharge des services d'urgence ».

Or, écrit Le Figaro, "cela tombe d'autant plus mal que les hôpitaux sont débordés, mal gérés et coûteux". Pour 2012, ceux-ci ont absorbé 43% des 417 millions d'euros d'aides à la trésorerie accordées aux établissements de santé, soit "douze fois plus que leur poids financier dans le système de soins français". Face à cette situation, l'Etat "est resté en retrait", estime la Cour des comptes, qui préconise qu'une stratégie pour l'outre-mer figure dans la future loi de santé publique qui sera prochainement annoncée.

 

Un geste en faveur de l'emploi à domicile

Dès 2014, une baisse supplémentaire des cotisations sociales pourrait être mise en œuvre pour les particuliers qui emploient une personne à domicile sans passer par des sociétés de service. Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), ce "coup de pouce" pourrait être acté par un décret cet été.

Les 2 millions de Français qui recrutent des aides à domicile pourraient ainsi bénéficier d'une baisse forfaitaire de 1,50 euro sur chaque heure facturée et payée à leur employé, au lieu des 0,75 centimes actuellement. "En année pleine, écrit le quotidien, la mesure coûterait entre 200 et 300 millions d'euros par an aux finances publiques."

Cet allégement vise surtout à relancer le secteur de l'emploi à domicile ajoute Le Parisien/Aujourd'hui. "En effet, le nombre d'heures déclarées ne cesse de chuter depuis 2011. Et, selon la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), l'un des lobbys de ce secteur, l'équivalent de 16.500 emplois (hors garde à domicile), sur un total de 1,3 million de salariés, a été détruit l'année dernière."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)