Optique : regards croisés sur un décret

Alors que le décret limitant le remboursement des frais d'optique par les complémentaires doit être prochainement publié, Le Figaro (page 22) a recueilli l'avis d'un représentant de sites de vente en ligne de lunettes sur les nouvelles dispositions attendues pour août 2015. A compter de cette date, rappelle le quotidien, le plafond de remboursement des frais de lunettes devrait être de 450 euros pour des montures à verres simples, et à 700 euros pour des montures à verres complexes.

Pour le gouvernement, la finalité de cette mesure est de faire baisser les prix des lunettes, de sorte que la France ne soit plus le pays d'Europe où elles sont les plus onéreuses. Du côté des acteurs concernés, les réactions sont multiples. Ainsi, les distributeurs et les industriels prétendent qu'ils vont être "obligés de fermer des boutiques et de mettre des opticiens au chômage", de "se fournir à l'étranger", voire de licencier.

De son côté, le PDG du site de vente en ligne Sensee, Marc Simoncini, estime que la situation actuelle relève du "scan­dale", car les opticiens "veulent maintenir leurs marges très élevées et préfèrent se fournir à l'étranger plutôt que de les baisser". Selon lui, c'est "en ouvrant de nouveaux magasins et en faisant toujours plus de publicité" que les professionnels de l'optique parviennent à augmenter leur chiffre d'affaires.

En écho, le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, considère que les complémentaires remboursent, de fait, plus "les magasins" que les lunettes. Pour preuve, "le nombre de paires de lunettes vendues par magasin a été di­visé par deux en dix ans, et le nombre de magasins augmente". Quant aux prix, ils ne baissent pas, et contraignent deux millions de Français à différer leurs soins pour des raisons financières. "Il faut absolument baisser les prix", affirme Etienne Caniard.

Côté remboursements, poursuit Le Figaro, la nouvelle couverture des frais d'optique risque d'être plus défavorable aux mutuelles dont le portefeuille est composé de contrats individuels. "Leur couverture est moins favorable que les contrats collectifs vendus aux entreprises, un marché dominé par les instituts de prévoyance." Ces derniers, écrit le quotidien, "sont vent debout contre le plafonnement. Ils font valoir qu'ils disposent d'un outil idéal pour faire baisser les prix : les réseaux d'opticiens à qui ils proposent de baisser les prix en échange d'un apport de clients".

 

Les centres de santé en négociation

Parce qu'ils jouent un rôle social important, les pouvoirs publics entendent favoriser les 1.200 centres de santé. A compter de jeudi, des négociations vont être menées entre l'assurance maladie et les gestionnaires des centres de santé afin de "renforcer leur rôle et de pérenniser leur structure parfois fragilisée", indiquent Les Echos (page 4).

L'an dernier, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) soulignait la pertinence de ces structures lesquelles "assurent une offre de soins précieuse dans des quartiers à faible densité de professionnels libéraux". En outre, observait l'Igas, les centres de santé "répondent aux préoccupations financières d'accès aux soins grâce aux tarifs opposables et à la pratique de la dispense d'avance de frais ». Représentant "seulement 2,4% des dépenses de médecine de ville", notent Les Echos, les centres de santé souffrent souvent de difficultés financières

Par ces négociations, le regroupement des organisations gestionnaires veut obtenir la mise en place d'un financement spécifique "tant pour l'organisation que pour la coordination et la promotion de la santé". Il réclame en particulier l'instauration d'un "forfait de gestion regroupé", ajoutent Les Echos, lequel "financerait des coûts propres aux centres de santé, comme l'obligation de pratiquer le tiers payant ou la tenue d'un dossier patient partagé par l'équipe de professionnels".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)