Optique : mettre un terme à « l’inflation » des dépenses

Le projet de décret sur les contrats responsables et solidaires prévoit un plafonnement du remboursement des lunettes. Une mesure qui fait débat parmi les complémentaires, indiquent Les Echos (pages 16 et 17). Elle est plutôt bien accueillie par la Mutualité Française, car, pour son président Etienne Caniard, "il faut donner un coup d’arrêt à l’inflation des prix de l’optique entretenue par les contrats de complémentaire santé". Toutefois, prévient-il, "il faut placer le curseur judicieusement parce que l’objectif est de peser sur les tarifs, pas de pénaliser les assurés".

Du côté des institutions de prévoyance, on semble s’inquiéter surtout d’un "possible alourdissement des sommes qui resteront à charge des assurés en raison de ces plafonds", écrivent Les Echos. Pour sa part, la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) regrette les faibles niveaux de remboursements envisagés pour les verres simples et complexes.

Le projet de décret, rappelle le quotidien, prévoit de limiter le remboursement des montures à 100 euros à partir de 2015. Concernant les verres simples, le plafond de prise en charge serait progressivement abaissé à 200 euros en 2018, et celui des verres complexes passerait de 600 à 400 euros.

Si donc le positionnement des différents acteurs de la complémentaire santé varie sur ce projet de décret, ils sont, en revanche, "unanimes", observent Les Echos, sur la nécessité d’"encourager le développement des réseaux de soins", car les partenariats passés avec les opticiens permettent de faire économiser aux patients près de 30% de la facture.

Du côté des professionnels de l’optique, les réseaux de soins suscitent encore des résistances. Ainsi, Jérôme Colin, président du Groupement des industriels et fabricants de l’optique (Gifo), considère qu’"avec la mise en place des réseaux de soins, les mutuelles vont se positionner tout de suite sur le prix le plus bas", autrement dit sur des produits standardisés.

Certains fabricants de montures haut de gamme considèrent également que le plafonnement des frais d’optique est une menace pour les 10.500 emplois liés au secteur. Si le décret est signé, estime Philippe Lafont, patron de la marque du même nom, la fabrication française sera ainsi "rayée de la carte".

 

Un Ondam à 1,75% pour 2015 ?

Le Haut Conseil des finances publiques recevra demain les prévisions financières du gouvernement, qui affiche comme objectif la réalisation de 50 milliards d’économies en trois ans. Pour mener à bien ces dernières et "ne pas désespérer les Français, l’exécutif a exclu les mesures les plus impopulaires comme le déremboursement de médicaments, de nouvelles franchises sur les soins ou la mise sous conditions de ressources familiales", écrivait hier Le Journal du Dimanche (page 6).

Selon une information du Parisien/Aujourd’hui (page 9), une autre option "serait entendue", même si l’Elysée oppose un démenti. "Après une hausse de 2,4 % autorisée en 2014, les dépenses de l’assurance maladie ne devraient pas pouvoir progresser de plus de…. 1,75% en 2015 afin de contenir son déficit (6,1 milliards en 2014)." Si tel était le cas, ce serait le plus faible objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) depuis 1997, ajoute le quotidien. Réaction du nouveau président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Jean-Paul Ortiz : "Si c’est pour réduire l’accès aux soins, c’est non !"

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)