Optique : l’ordonnance n’est plus systématique

Dans certains cas d'urgence, les opticiens sont autorisés, depuis le 17 octobre 2016, à renouveler une paire de lunettes sans nouvelle consultation chez l'ophtalmologiste. Ils peuvent aussi adapter la prescription de lentilles de contact dans le cas d'un renouvellement.

Un décret paru au "Journal officiel" du 17 octobre 2016 assouplit les règles de délivrance des lunettes de vue et des lentilles par les opticiens, indique Le Figaro.

Ces derniers ont désormais l'autorisation de délivrer, même sans ordonnance valide, un nouvel équipement aux patients, dans certaines situations d'urgence.

Ainsi, en cas de bris de verre ou de lunettes égarées, ils n'auront plus à patienter pendant de longs mois afin d'obtenir un rendez-vous chez l'ophtalmologiste et une nouvelle prescription. Sachant que le délai d'attente moyen est de 85 jours, la nouvelle a de quoi réjouir les 40 millions de Français équipés de prothèses visuelles.

Jusqu'à présent, rappelle Le Parisien, la loi Hamon de 2014 interdisait de vendre des lunettes de vue sans ordonnance valide.

"Nous devions refuser d'appareiller des touristes étrangers et des clients qui les avaient cassées devaient repasser chez l'ophtalmo, avec les délais de rendez-vous qu'on connaît", témoigne un opticien interrogé par le quotidien. Aujourd'hui, avec la paire de lunettes brisées, l'ancienne ordonnance ou un examen de la réfraction chez l'opticien, celui-ci pourra procéder au renouvellement.

Autre nouveauté du décret : il étend la durée de validité des ordonnances. Pour les 16-42 ans, elle passe de trois à cinq ans. En revanche, elle reste d'un an pour les moins de 16 ans, et de trois ans pour les plus de 42 ans.

Pour ce qui concerne les lentilles, poursuit Le Parisien, le texte indique qu'après un examen de la vue, l'opticien peut maintenant "adapter la correction optique des prescriptions de lentilles de contact datant de moins d'un an pour les patients de moins de 16 ans, et de moins de trois ans pour les autres".

Pour autant, si une évolution de la vue d'un client est constatée par l'opticien après un examen, il doit en informer l'ophtalmologiste. En outre, poursuit Le Figaro, "les opticiens pourront désormais conserver l'ordonnance de leurs clients afin de faciliter le suivi. Ils seront aussi en mesure de délivrer l'équipement à domicile ou dans les Ehpad, sans pouvoir toutefois y réaliser l'examen".

Du côté des ophtalmologistes, ces nouvelles dispositions sont bien reçues. Le président du Syndicat des ophtalmologistes de France (Snof), Thierry Bour, estime notamment dans Le Parisien que ce texte "va participer à la résolution du problème des délais de délivrance des équipements optiques, à condition que son cadre et ses contraintes soient respectés dans l'intérêt du patient. Nous sommes ainsi satisfaits qu'y figure l'obligation de retour d'informations vers nous en cas de modification apportée par l'opticien".

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Frédéric Lavignette

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