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Optique : les professionnels craignent un recul du marché

Inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2015, et en vigueur depuis le 1er avril 2014, le plafonnement des remboursements des lunettes n'est pas sans conséquences sur la santé du marché de l'optique. C'est ce qu'a souligné hier Didier Papaz, président d'Optic 2000 à l'occasion de la présentation des résultats annuels de son groupe.

Depuis l'entrée en vigueur de ce texte, en effet, les plafonds de remboursement par les complémentaires santé sont fixés à 470 euros pour des verres simples, 750 euros pour des verres complexes, et 850 euros pour des verres très complexes. Pour ce qui est de la monture, la prise en charge ne peut plus dépasser 150 euros, et "surtout, précisent Les Echos (page 19), une fois tous les deux ans seulement".

Dans ce contexte, les professionnels du secteur craignent un recul d'1 milliard d'euros du marché. Celui-ci représentait 5,8 milliards d'euros en 2014. Le plus redoutable, estime Didier Papaz, "c'est surtout l'interdiction de renouveler son équipement tous les ans, une possibilité offerte jusqu'alors par la plupart des mutuelles".

Ce renouvellement annuel, explique-t-il, représentait 23% des ventes du groupe. Toutefois, nuance-t-il, "compte tenu du fait que certains de nos clients trouveront le moyen de continuer à changer de lunettes chaque année, nous estimons que c'est 18% de notre activité que nous pouvons perdre".

Face à une baisse annoncée de 20% du marché, les opticiens craignent la suppression de 10.000 emplois, dans les 12.000 points de vente du territoire. Pour y faire face, indiquent Les Echos, "les enseignes commencent à s'organiser, même si ce sont les opticiens totalement indépendants qui devraient le plus souffrir".

Le groupe Krys (Krys, Vision Plus, Lynx Optique) projette par exemple de "rallier de nouveaux adhérents (52 nouveaux magasins en 2014) et de miser sur le made in France avec son site industriel de Bazainville (Yvelines)".

Chez Optic 2000, la stratégie est plutôt de gonfler les volumes, "en multipliant les offres compatibles avec le fait que la majorité des Français n'acceptent qu'un reste à charge de 50 à 100 euros", explique son président. D'autres réseaux misent pour leur part sur les prix bas, ou sur l'extension de leur champ d'action. C'est par exemple le cas d'Afflelou, qui s'apprête à reprendre Optical Discount, ou de GrandVision (GrandOptical) qui vient de développer Générale d'Optique. Chez Lissac, filiale d'Optic 2000, l'option choisie reste celle du haut de gamme, notamment en proposant du sur-mesure.

A lire aussi – Agirc-Arrco : le Medef avance ses propositions

C'est aujourd'hui la dernière étape des discussions bilatérales menées depuis plusieurs mois par les partenaires sociaux sur le sort de l'Agirc et de l'Arrco. Le but de ces rencontres, rappellent Les Echos (page 4), est la mise au point, d'ici au 22 juin, d'une "réforme des deux régimes de retraite complémentaire des salariés, dont les réserves sont menacées d'épuisement dès 2018". Selon les dernières estimations du gouvernement, le besoin de financement combiné des deux régimes est estimé à 6,7 milliards d'euros à l'horizon 2017, contre 5,5 milliards précédemment.

Ce week-end de Pentecôte, les représentants patronaux devraient faire parvenir leurs propres propositions de réforme, lesquelles seront discutées le 27 mai, lors d'une nouvelle séance de négociations.

Plus pessimiste que le gouvernement, le Medef estime à 8,2 milliards d'euros le montant de l'effort nécessaire pour redresser les comptes. D'où la mesure phare de son projet de réforme : les "abattements temporaires sur les pensions versées entre 62 et 67 ans".

Dans son schéma, le patronat suggère d'amputer la pension de 40% la première année, à compter de 2017. Les dérogations pour les retraités modestes et les carrières longues pourraient de surcroît être remises en question. Une façon stratégique pour le Medef de "placer la barre assez haut avant les réunions décisives, ajoute le quotidien économique. D'autant qu'un autre dossier s'invite : celui du compte pénibilité. Déjà hérissé par un mécanisme qu'il qualifie d'usine à gaz, le patronat s'inquiète de la facture qu'il risque d'engendrer pour l'Agirc-Arrco, via les départs anticipés".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)