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Optique : développer les réseaux pour réduire les coûts

En présentant son rapport sur la Sécurité sociale, qui prévoit "près de 72 milliards d'euros de dettes supplémentaires" d'ici à 2018, la Cour des comptes a dénoncé hier une "spi­rale de la dette sociale anormale et dangereuse", rapportent Les Echos (page 3). Dès lors, les magistrats préconisent de s'attaquer vigoureusement aux dépenses de santé, notamment dans les hôpitaux et dans le domaine de l'optique, qualifié de "peu concurrentiel, opaque et cher", souligne Le Monde (page 8).

Plusieurs quotidiens nationaux consacrent ainsi leurs titres aux lunettes. "Lunetterie : dans l'optique de vous faire payer !", titre L'Humanité, tandis que Le Monde (page 8) constate que "Les lunettes des Français [sont] beaucoup trop chères". Enfin, Les Echos évoquent "Un plaidoyer pour des lunettes moins chères et mieux remboursées". Au­jourd'hui, un Français dépense beaucoup plus pour son équipement d'optique qu'un Allemand, un Espagnol ou un Anglais. "Il y a trop de points de magasin d'optique en France et leurs marges sont trop importantes", a expliqué hier le délégué général de la Mutualité Française, Jean-Martin Cohen Solal, sur France 5 et France bleu national.

Comment réguler ce marché dans lequel les complémentaires sont les principaux financeurs et où l'assurance maladie ne rembourse que 3,6% des dé­penses ? "Il faut développer des réseaux de soins qui permettent de peser sur les prix. Dans les réseaux, les coûts sont inférieurs de 20 à 30%", a-t-il indiqué dans le 19-20 de France 3, mais également "plafonner les remboursements des complémentaires" dans le cadre des contrats responsables (LCI dans l'émission "C à vous"). L'efficience des réseaux a également été soulignée par l'économiste Nicolas Bouzou dans sa chronique de ce matin sur I Télé.

Au terme de son analyse, la Cour des comptes émet l'hypothèse d'un désengagement de la Sécu en matière d'optique "dès lors que l'assurance maladie complémentaire serait généralisée (…) », note L'Humanité (page 2). Cette piste a été écartée d'emblée hier par la ministre de la Santé dans une interview au quotidien régional Ouest-France : "Il n'y aura pas de déremboursement des lunettes par la Sécurité sociale." "Nous ne demandons pas le désengagement de la Sécurité sociale, mais le renforcement de nos moyens de régulation", avance dans Les Echos (page 3) Jean-Martin Cohen Solal. "Nous craignons que si l'optique n'est plus remboursée par l'assurance maladie, les lunettes deviennent un produit de consommation courant, et ne relèvent plus du domaine de la santé, comme il se doit", a-t-il expliqué ce matin au micro de Radio classique et hier sur BFM Télé.

Outre l'optique et la chirurgie am­bulatoire, la Cour des comptes revient  également sur la délégation de gestion du régime obligatoire chez les mutuelles étudiantes et les mutuelles de fonctionnaires. Pour les étudiants, la qualité du service est jugée "très insuffisante", qu'il s'agisse du remboursement des prestations ou des relations avec les assurés. En outre, ses coûts de gestion sont "très supérieurs à ceux qui seraient supportés dans le cas d'une gestion directe par les Cpam", estime le rapport, cité dans Le Figaro-économie (page 18). Concernant les mutuelles de fonctionnaires, la Cour estime que la "qualité de gestion est toujours insatisfaisante", rapportent Les Echos (page 3).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)