Opposition au tiers payant : « Un combat d’arrière-garde »

La généralisation du tiers payant intégral, à compter du 30 novembre, pour l'ensemble des assurés suscite toujours l'opposition des médecins. Un combat "d'arrière-garde", estiment Les Echos.

L'année 2017 sera-t-elle celle de la généralisation du tiers payant pour tous les patients ?, interroge La Croix. Depuis le 1er janvier, les malades en affection longue durée (ALD) et les femmes enceintes bénéficient de la dispense d'avance de frais, soit onze millions d'assurés sociaux. Cette mesure "représente une avancée sociale majeure", souligne la ministre de la Santé.

Chez les professionnels de santé, cette étape ne pose pas de souci, relèvent Les Echos. "Quand les soins sont pris en charge à 100% par l'assurance maladie obligatoire, c'est assez facile, surtout si le patient dépend de la caisse primaire de notre département", témoigne Jacques Battistoni, du syndicat de généralistes MG-France, qui salue les "efforts" de l'assurance maladie pour garantir le paiement des médecins et pour mettre fin rapidement aux dysfonctionnements signalés par les professionnels.

En revanche, la mise en œuvre du tiers payant intégral (part complémentaire comprise), à compter du 30 novembre pour l'ensemble des patients, suscite toujours l'opposition du corps médical. Ainsi, MG-France, pourtant favorable au départ au tiers payant, pointe du doigt la "complexité" du dispositif, à cause de la "multiplicité des régimes, des contrats et des intervenants", et "surtout en l'absence totale de garantie de paiement", rapporte Le Figaro. "Notre position est claire : nous n'en voulons pas! Tiers payant social, oui ; tiers payant pour tous, non", martèle Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.

Dans son éditorial des Echos, Jean-Françis Pécresse estime que "les médecins auraient tort de poursuivre ce combat d'arrière-garde" et juge que la généralisation du tiers payant est "l'un de ces mouvements pourtant inéluctables de modernisation de notre système de santé".

Pour la Mutualité Française, le tiers payant est une "solution qui va s'imposer d'elle-même, comme la carte Vitale qui avait suscité une levée de boucliers à sa création", rapportent Les Echos. L'association chargée de la mise en œuvre du tiers payant sur la part complémentaire, qui regroupe les trois familles des complémentaires, a ouvert lundi un numéro unique (08 06 800 206) pour accompagner les médecins qui adoptent le tiers payant intégral.

Depuis le 1er janvier, rappelle le quotidien économique, les contrats ne bénéficient du label "responsable" et d'une fiscalité réduite qu'à condition pour l'assureur complémentaire de proposer le tiers payant à ses adhérents.

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John Sutton

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