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Opiacés : éviter la sur-prescription

Aux Etats-Unis, les autorités de santé se sont emparées du sujet des opioïdes, ces médicaments antidouleurs responsables de 64.000 décès en 2016.

Le reportage a été réalisé aux Etats-Unis. Il aurait très bien pu l'être en Europe, ou en France, car les opiacés sont partout consommés, souvent de manière inappropriée. Et c'est bien là le problème. Pour preuve, indique Le Monde en s'appuyant sur les statistiques officielles américaines de 2016, sur près de 64.000 Américains morts par overdose, 20.000 l'ont été après absorption de l'analgésique Fentanyl, et 14.000 autres après avoir pris des opioïdes obtenus sur prescription médicale.

Délibéré ou fortuit, le mauvais usage des opiacés concerne aux Etats-Unis près de 11 millions de personnes. Paradoxalement, deux millions de personnes souffrent des troubles qu'ils occasionnent, alors que ces médicaments visent à soulager la douleur. Il faut dire que leur consommation est régulièrement détournée, notamment par les toxicomanes. Selon Le Monde, par exemple, "80% des personnes dépendantes à l'héroïne ont commencé avec des opioïdes obtenus sur prescription".

A qui revient donc la responsabilité de ces overdoses ? Certes, les laboratoires pharmaceutiques "poussent à la consommation sans toujours prévenir du danger", souligne le quotidien.

Avec insistance, les patients eux-mêmes en réclament aussi auprès de leurs médecins, lesquels se voient mal les leur refuser au risque d'être mal perçus par la clientèle.

Ce "nouveau fléau de la société américaine" impacte également les services hospitaliers. D'où une campagne actuellement menée par le docteur Meisenberg, un cancérologue de l’hôpital Anne-Arundel à Annapolis (Maryland), afin de freiner les sur-prescriptions d'antidouleurs. Entre janvier et juillet 2017, le nombre d’opioïdes a ainsi diminué de 50% au service des urgences. Quant à la fréquence des rendez-vous qui ont débouché sur une de leur prescription, elle a connu une chute de 25%. Dans le même temps, les patients ne se plaignent pas de la prise en charge de leur douleur, au contraire : ils étaient 46% à estimer qu'elle avait été bien gérée en juillet 2016, et 63% dans le même cas en juillet 2017.

Ces résultats pourraient être satisfaisants, s'il n'y avait un revers à la médaille. En effet, la baisse des prescriptions risque d'encourager le trafic de rue, ou la vente sur Internet d'opiacés non homologués et dangereux pour la santé. Quelle que soit la situation, les campagnes de prévention sur les risques d'addiction restent la meilleure des précautions. Les services sanitaires américains en lanceront une à ce titre début 2018.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)