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Ophtalmologie : la coopération professionnelle pour réduire les délais de rendez-vous

Dans un département en mal d'ophtalmologistes, le centre mutualiste d'ophtalmologie de Saint-Etienne a choisi, dès son ouverture en novembre 2014, d'optimiser les délais de rendez-vous et le parcours du patient grâce à la coopération professionnelle entre ophtalmologistes et orthoptistes.

"L'infirmière et les deux orthoptistes de notre centre ont été formées pour réaliser des OCT, des mesures de la réfraction, ou encore des échographies. Objectif : gagner du temps et éviter de convoquer trois fois les patients." A l'initiative de cette organisation innovante : la Dre Nelly Campolmi, ophtalmologiste au centre mutualiste d'ophtalmologie de Saint-Etienne (Loire), qui a misé, dès son ouverture en novembre 2014, sur la délégation de tâches.

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Infirmières, orthoptistes et ophtalmologistes travaillent donc main dans la main pour organiser le circuit idéal du patient. Une nécessité dans ce bassin de population en mal de spécialistes : la Loire ne compte en effet que 60 ophtalmologistes, dont la moitié a plus de 55 ans. Et seuls cinq nouveaux internes ont été formés en 2013-2014 dans cette spécialité à Saint-Etienne. Résultat : dans ce département, il faut entre un an et dix-huit mois de patience pour décrocher un rendez-vous chez un ophtalmologiste !

Deux fois plus de patients

Rétine médicale, cataracte, ophtalmologie pédiatrique, suivi de glaucome… Avec son plateau technique de 180 mètres carrés, le centre d'ophtalmologie de Saint-Etienne est sur tous les fronts, sauf celui de la correction visuelle.

Dans un premier temps, les deux secrétaires médicales reçoivent le patient et se chargent de renseigner son dossier administratif. Celui-ci est ensuite dirigé vers l'infirmière, qui recueille les motifs de la consultation, l'interroge sur ses antécédents médicaux et pratique les premières mesures, telles que la tension oculaire et la réfraction.

L'orthoptiste entre alors en scène pour la mesure de l'acuité visuelle et un questionnaire plus approfondi sur les antécédents. Si besoin, elle dilate les pupilles du patient avant de pratiquer un OCT ou une photo du fond de l'œil. "Lorsque le patient arrive dans mon cabinet, j'ai à ma disposition son dossier complet avec ses antécédents et éventuels traitements, les mesures de la vision ainsi que les examens complémentaires que j'aurais demandés, détaille Nelly Campolmi. Ma partie concerne le diagnostic et le traitement. Soit environ 10 minutes par patient. Si je devais faire tout cela toute seule, je verrais 50 % de patients en moins. Depuis le mois de novembre, nous avons déjà donné 5.000 rendez-vous."

Orthoptistes et dépistage

De leur côté, les orthoptistes conservent également leur propre activité de rééducation visuelle ou de réalisation de champs visuels. Elles participent enfin au dé­pistage de rétinopathies diabétiques en réalisant des photos du fond d'œil : ces examens sont pratiqués le lundi matin et sont interprétés dans le courant de la se­maine par les ophtalmologistes, dont le rôle est de vérifier si la rétine est atteinte par le diabète.

Cette coopération est rendue possible par l'existence d'une nouvelle cotation par la Sécurité sociale, qui permet aux orthoptistes de réaliser ces photos avec lecture différée par le médecin. Le développement de la délégation de tâche ou encore l'amélioration du parcours de santé visuelle seront au coeur des Etats généraux de la santé visuelle organisés par la Mutualité Française. Un événement qui se tiendra le 15 décembre prochain, à Paris.

Glossaire

Angiographie :

L'angiographie rétinienne consiste à photographier la rétine après avoir injecté dans une veine du bras un colorant fluorescent. Cet examen est utilisé pour étudier la circulation sanguine de la rétine et de la partie du nerf optique visible au fond de l'œil.

Champ visuel :

Le champ visuel est l'étendue de l'espace dans lequel l'œil fixant droit devant lui perçoit les lumières, les couleurs et les formes. C'est l'examen le plus important pour diagnostiquer et suivre un glaucome.

DMLA :

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une maladie dégénérative de la rétine d'évolution chronique. Elle débute généralement après l'âge de 50 ans. En touchant la région maculaire, c'est-à-dire la zone centrale de la rétine, elle entraîne une perte progressive de la vision centrale.

Examen de la réfraction :

Examen visant à caractériser et mesurer l'importance du défaut optique de l'œil.

Glaucome :

Due à un vieillissement prématuré du nerf optique, cette pathologie entraîne une diminution progressive du champ de vision, d'abord en périphérie puis au centre. Elle peut aboutir à la perte totale de la vue.

OCT ou tomographie à cohérence optique :

Cet acte d'imagerie réalisé par balayage d'un laser infrarouge permet de visualiser la rétine au niveau microscopique et d'en individualiser les différentes strates, depuis les couches superficielles jusqu'aux couches profondes. Pratiqué dans le cadre du suivi des maladies de la rétine, il permet également l'examen de la tête du nerf optique.

Rééducation visuelle :

Ensemble de techniques utilisées pour rééduquer une fonction visuelle défaillante ou, dans le cas d'un patient malvoyant, d'utiliser au mieux sa vision résiduelle.

Rétine médicale :

Ensemble des pathologies de la rétine dont le traitement n'est pas chirurgical mais médical, par injection de produits ou utilisation de lasers.

Rétinopathie diabétique :

C'est la complication la plus fréquente des complications microvasculaires dues au diabète. L'hyperglycémie chronique provoque des lésions au niveau de la paroi des vaisseaux sanguins qui vascularisent la rétine. Elle fait partie des trois principales causes de cécité et de malvoyance dans le monde.

Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)