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OCDE : le système de santé français au banc d’essai

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) vient de publier son "Panorama de la santé 2013". Il s’agit d’une vaste entreprise de comparaisons entre les pays membres, qui constitue une mine d’enseignements pour la France.

Quel est le pays qui compte le plus de scanners par habitants ? Celui où la surmortalité due aux troubles mentaux est la plus élevée ? Celui où l’on consomme le plus d’alcool, de tabac… ou de fruits et légumes ? La réponse à toutes ces questions se trouve dans le "Panorama de la santé 2013", que l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) a fait paraître en décembre.

L’institution internationale, qui regroupe les pays les plus riches de la planète, compare tous les deux ans ses 34 membres sur un vaste éventail de sujets liés à la santé. Pour la France, il y a cette année de bonnes nouvelles… et de moins bonnes.

D’abord, les points positifs. La France est très bien classée pour le reste à charge. La part des ménages représente près de 9% des dépenses de santé, contre 20 % pour la moyenne de l’OCDE. Avec 6%, seuls les Pays-Bas font mieux que l’Hexagone. Toutefois, si l’on considère que les dépenses prises en charges par les acteurs publics, les performances françaises sont moins satisfaisantes. Comme l’indique l’OCDE, la Sécurité sociale couvrent 76% des dépenses – mais seulement 55 % pour les soins les plus courants en médecine de ville –, ce qui classe la France au 14e rang des pays où la dépense publique de santé est la plus importante.

C’est donc l’intervention des complémentaires santé qui permet à la France de grappiller douze places dans le classement des pays où le reste à charge est le moins élevé. Le rapport de l’OCDE note à ce propos qu’en France, 96% de la population dispose d’une couverture complémentaire, un niveau qu’aucun autre Etat membre n’atteint.

"Déboulonner" des idées reçues

Le "Panorama de la santé 2013" est aussi une occasion de "déboulonner" quelques idées reçues, par exemple sur la prétendue addiction française aux produits pharmaceutiques. En volume de médicaments consommés, la France est en dessous de la moyenne de l’OCDE pour les antidépresseurs et les antihypertenseurs, elle est dans la moyenne pour les anticholéstérolémiants, et se situe seulement 10 % au-dessus de la moyenne pour les antidiabétiques.

En revanche, la France est le 4e prescripteur d’antibiotiques de l’OCDE, et elle reste largement en-dessous de la moyenne des autres pays pour la consommation de génériques. En valeur, notre dépense pharmaceutique par habitant est la 7e de tous les pays de l’OCDE.

Menaces sur l’avenir

Le "Panorama de la santé 2013" pointe enfin quelques nuages qui semblent davantage assombrir l’avenir de la France que celui de ses voisins. Notre pays compte, par exemple, 42% de médecins âgés de 55 ans et plus. Dans l’OCDE, ce chiffre est en moyenne de 32%. Seules l’Italie et Israël sont dans une situation plus menaçante du point de vue de la démographie médicale, avec respectivement 43 et 49% de médecins âgés de plus de 55 ans.

Plus inquiétant encore : la France est le pays de l’OCDE où la prévalence de la démence est la plus forte, mais les ressources hu­maines dont elle dispose sont loin d’être adaptées au défi du vieillissement. Le nombre de travailleurs dans le secteur des soins de longue durée en proportion de la population âgée de plus de 65 ans y est la 3e plus faible : 1,6 travailleurs pour 100 personnes âgées de plus de 65 ans, alors que la moyenne de l’OCDE est de… 6,8 pour 100.

 

 

Adrien Renaud

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)