Obésité : le poids des inégalités sociales de santé

L'évolution du surpoids et de l'obésité se stabilise à un niveau élevé, avec près d'un adulte concerné sur deux, indique une étude publiée le 13 juin 2017 par Santé publique France. Les personnes obèses demeurent surreprésentées chez les non-diplômés en raison d'inégalités sociales de santé persistantes.

En France, près d'un adulte sur deux (49%) est en surpoids ou atteint d'obésité, dont 53,9% des hommes et 44,2% des femmes, révèle l'étude de santé sur l'environnement, la biosurveillance, l'activité physique et la nutrition (Esteban). Publiée le 13 juin 2017 par Santé publique France, cette analyse porte sur l'année 2015.

A lui seul, le surpoids concerne pratiquement un homme sur trois (37%) et une femme sur quatre (27%), tandis que l'obésité touche globalement environ une personne sur six quel que soit le sexe.

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Consulter l'étude Esteban

Les inégalités se répercutent sur les enfants

En raison d'inégalités sociales de santé persistantes, la situation est fortement aggravée au sein de certaines catégories de la population. Ainsi, l'obésité touche un homme sur cinq parmi les moins diplômés (aucun diplôme ou inférieur au baccalauréat), contre seulement un homme sur neuf ayant obtenu le baccalauréat ou un diplôme de l'enseignement supérieur. De la même façon, une femme non diplômée sur quatre est obèse, au lieu d'une sur dix pour celles qui sont au minimum bachelières.

Ces inégalités se répercutent directement sur les enfants. Entre 6 et 17 ans, 17% de l'ensemble des enfants sont en surpoids, dont 4% sont obèses. Mais lorsque le parent référent est non-diplômé (ou diplôme inférieur au baccalauréat), le surpoids et l'obésité atteignent 23%. Ce taux est inférieur à 9% chez les fils et filles de personnes diplômées du second ou troisième cycle universitaire.

Pour Santé publique France, ces résultats confirment une nouvelle fois "la nécessité de prendre en compte les inégalités sociales de santé dans la définition et la mise en place des politiques de santé publique".

Lien avec les maladies chroniques

Cette action apparaît cruciale au regard de l'impact direct de l'alimentation sur la santé des individus. "Les consommations alimentaires, l'activité physique et la sédentarité, ainsi que les marqueurs de l'état nutritionnel sont des facteurs de risque ou de protection de nombreuses maladies chroniques qui concernent une grande part de la population en France comme dans de nombreux pays", rappelle l'étude Esteban.

C'est notamment le cas pour de nombreux cancers ou les maladies cardiovasculaires qui constituent les premières causes de décès en France.

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Infographies - Lire notre article intitulé Santé des Français : un fort impact des maladies chroniques

"Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 25,2% de la mortalité totale dans le monde est attribuable à une combinaison de facteurs de risque d'origine nutritionnelle", précise Santé publique France. Au niveau mondial, au moins 2,8 millions de personnes décèdent chaque année du fait de leur surpoids ou de leur obésité.

Hausse de la maigreur

Nouvelle encourageante de l'étude : par rapport aux résultats de l'Etude nationale nutrition santé (ENNS) de 2006, l'évolution de l'obésité et du surpoids s'est stabilisée au cours des dix dernières années. Cette situation fait écho à celles des enfants pour lesquels la France a été "l'un des tous premiers pays au monde à montrer une tendance à la stabilisation". Désormais, c'est plutôt la maigreur qui progresse, avec un maximum de 14,6% chez les garçons de 15 à 17 ans et de 19,5% chez les filles de 11 à 14 ans.

Paula Ferreira

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