Obésité : l’Acomplia® sur la sellette

Le laboratoire Sanofi-Aventis voit s'obscurcir de plus en plus l'horizon de l'Acomplia® (rimonabant), son médicament anti-obésité commercialisé en France en mars dernier à grands renforts médiatiques. Après les poursuites judiciaires engagées aux Etats-Unis par des actionnaires pour diffusion d'informations trompeuses sur ce produit, la presse médicale prend aujourd'hui le relais.

La revue britannique The Lancet, à paraître samedi, confirme que le rimonabant est "associé à un risque accru d'effets psychiatriques sévères", dévoilent Les Echos (page 21). Pour avancer de tels arguments, une équipe danoise a réalisé une série de quatre essais impliquant plus de 4.000 patients.

Selon Le Figaro (page 11), l'enquête repose sur l'analyse des effets de 20 milligrammes par jour de rimonabant et ceux d'un autre produit placebo. Les résultats montrent que "ceux ayant pris le médicament actif ont, au bout d'un an de traitement, 4,7 kilogrammes de moins en moyenne que ceux qui n'ont eu que le placebo".

Mais ce bilan s'accompagne d'effets secondaires défavorables car les personnes ayant été traitées avec l'Acomplia® ont été deux fois et demie plus nombreuses à subir des troubles dépressifs. "De même, signale Le Figaro, trois fois plus de patients ont cessé le traitement actif du fait de troubles anxieux par rapport à ceux du placebo."

En Europe, rappellent Les Echos, l'Agence du médicament a décidé malgré tout de laisser le produit sur le marché pour les patients obèses souffrant de diabète de type 2, même si elle a "ordonné qu'il ne soit pas prescrit aux personnes sous antidépresseur". En revanche, le 13 juin dernier, les experts américains ont refusé sa commercialisation "jugeant qu'il pouvait entraîner des pensées suicidaires".

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Selon un rapport d'analyse de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale et du travail (Afsset), "l'impact de la pollution sur les dépenses de santé est loin d'être négligeable".

En ne se limitant qu'"à la pollution due à l'activité humaine", les experts de l'Afsset ont en particulier étudié la place de l'asthme et des cancers dans cette observation, indique Le Monde (page 7).

Les résultats sont éloquents. Dans le détail, 10% à 35% des cas d'asthme sont attribuables à l'environnement. "Il a été estimé que le coût de la pollution atmosphérique extérieure non biologique était compris entre 0,2 et 0,8 milliard d'euros pour l'année 2006", souligne l'Afsset.

Concernant les cancers, qui sont pour 1 à 5% d'entre eux imputables à des influences atmosphériques, "le coût de la prise en charge (...) est de l'ordre de 0,1 à 0,5 milliard d'euros". Dans cette comptabilité, seuls les soins curatifs et le diagnostic ont été pris en compte.

L'Afsset estime qu'il serait "légitime de chercher à réintégrer ces coûts en appliquant une taxe spécifique aux activités responsables de l'exposition de la population aux facteurs de risque en cause". Le produit de cette taxe pourrait notamment s'intégrer au financement des soins assumés par la collectivité.

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Visiblement, observe la plupart des journaux d'aujourd'hui, dans le conflit social qui oppose les grévistes de la SNCF et de la RATP au gouvernement pour conserver les avantages de leurs régimes spéciaux de retraite, c'est la base qui donne le ton.

Alors que "les syndicats sont prêts à négocier", note en effet en "une" Le Monde, "la base hésite". Si les grévistes "maintiennent la pression", c'est parce que "le gouvernement tente le chantage", estime L'Humanité (pages 1 à 6).

Avant de négocier, "le gouvernement met en préalable la reprise du travail", rapporte Libération (pages 2 à 4). Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a indiqué que l'"on ne peut pas avoir et la grève et les négociations d'entreprise en même temps".

"Le dialogue de sourds a donc manifestement repris alors que l'issue du conflit semblait proche. L'acquiescement du gouvernement à la proposition de la CGT de négociations tripartites dans les entreprises n'a pas suffi à calmer le jeu", concluent Les Echos (pages 2 et 3).

Frédéric Lavignette

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