Obésité des enfants : vers la fin des pubs pour les produits sucrés ?

La ministre de la santé a présenté le 4 février une série de mesures pour lutter contre l’obésité infantile. Roselyne Bachelot souhaite la "suppression", dès avril, de la publicité pour certains aliments lors des programmes pour enfants. Le cas échéant, elle annonce qu’elle aura recours à une loi.

Enfin de bonnes nouvelles dans la lutte contre l’obésité infantile ! Face à ce fléau qui touche 12% des enfants en France, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé le 4 février plusieurs mesures positives. Ainsi, en mars, une réunion de concertation sur la publicité diffusée à la télévision lors des programmes pour enfants devrait réunir plusieurs partenaires, notamment l’industrie alimentaire. Objectif : élaborer un cadre dans lequel les entreprises et annonceurs prendront un certain nombre "d’engagements volontaires", concernant les aliments gras et sucrés ainsi que certaines boissons.

"La suppression de la publicité pour certains aliments pendant les programmes destinés aux enfants devra être effective en avril 2008", insiste la ministre. Une évaluation de cette mesure sera effectuée en mai. En cas d’échec de cette démarche "d’autodiscipline", Roselyne Bachelot prévient qu’elle aura recours à une loi.

Pas de sucreries à proximité des caisses

Cette disposition vient s’ajouter à la taxe instaurée par la loi de santé publique du 9 août 2004, qui s’applique à certaines publicités ne comportant pas de message sanitaire (aliments industriels, boissons avec ajouts de sucre, de sel ou d’édulcorant...). Effective pour la première fois en 2008, cette taxe rapportera "entre 900 000 euros et 3 millions d’euros". Autre décision : les enseignes de la grande distribution vont être appelées "à ne pas disposer" de confiseries ou produits sucrés "à proximité des caisses". Cette mesure est censée s’appliquer "d’ici la fin du mois de juin 2008".

Ces annonces ont été accueillies favorablement par un collectif de six associations, dont l’UFC-Que choisir. Cette dernière avait d’ailleurs réclamé une loi en décembre dernier, tout comme l’encadrement des publicités et l’interdiction des bonbons au niveau des caisses. Ces associations "se félicitent du lancement d’une véritable politique de lutte contre l’obésité infantile" mais elles restent "vigilantes quant à la mise en oeuvre des mesures annoncées".

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)