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Nouvelle brèche dans la loi Evin

"Assaut après assaut, alcooliers et industrie viticole finiront-ils par avoir raison de la loi Evin ?", interroge Le Monde (page 9). Une interrogation prémonitoire au vote de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée. Examinant le projet de loi santé, pour une deuxième lecture, celle-ci a adopté un amendement assouplissant la loi Evin à une écrasante majorité, avec l'accord du gouvernement, ministre de la Santé exceptée, rapportent Les Echos (page 2).

Objectif : "clarifier" la loi Evin, afin que les contenus consacrés à une "région de production ou au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique" ne soient pas considérés comme de la publicité. En septembre, lors de l'examen en première lecture, une soixantaine de parlementaires de la majorité, issus de régions viticoles, avaient signé un appel au président de la République en faveur d'une modification de la loi, rappelle Le Monde.

"Si on ouvre un coin dans la loi Evin, on fait une grave erreur en matière de santé publique", a pourtant prévenu la présidente de la commission, Catherine Lemorton. "Des associations défendant les régions viticoles ont été plus reçues que les associations" de prévention de l'alcoolisme par certains députés, regrette cette pharmacienne de profession. La députée socialiste de Haute-Garonne reproche au président de son groupe, Bruno Leroux, et au Premier ministre de lui avoir "un peu savonné la planche" en favorisant cet assouplissement.

Si on ouvre un coin dans la loi Evin, on fait une grave erreur en matière de santé publique.

"Ce qui est assez diabolique dans cet amendement, c'est qu'il se présente de façon anodine. Beaucoup de parlementaires un peu naïfs n'y ont pas vu malice et n'ont pas perçu les effets secondaires", estime, dans Le Monde, Alain Rigaud, président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).

Il y a quelques mois, Claude Evin, le "père" de la loi, estimait que sous son apparence technique, l'amendement allait de facto libérer la possibilité de faire de la publicité pour les boissons alcoolisées, "et ce, quasiment sans limite". Après avoir rappelé que l'alcool tue 49.000 personnes chaque année en France (dont 15.000 par cancer), Agnès Buzyn, présidente de l'Institut national contre le cancer (Inca), se déclare "surprise" et "très inquiète" de cette volonté de changer la législation (Le Monde). "La loi Evin autorise déjà la publicité sur beaucoup de supports, il serait déraisonnable de l'ouvrir davantage", estime-t-elle.

"Le discours de défense de la vigne est un cache-sexe évident, la logique de terroir permettra de communiquer sur le whisky écossais et sa tourbe, la vodka russe, la tequila mexicaine…", met en garde Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération addiction.

A lire aussi - La révolution culturelle du numérique

Le projet de loi #noé, destiné à favoriser les "nouvelles opportunités économiques" apportées par le numérique, sera présenté en janvier prochain en Conseil des ministres. Le gouvernement envisage également la création de "fonds de pension à la française" pour diriger l'épargne vers ce secteur, a annoncé hier Emmanuel Macron. "On n'a pas très bien réussi en France la bataille de la robotisation ; cette fois-ci, il ne faut pas manquer le potentiel immense du numérique en termes d'activité et d'emploi", souligne le ministre de l'Economie dans Le Figaro-économie (page 26).

"La clef, c'est qu'on arrive à gagner cette bataille en innovant plus vite, mieux, et en pensant tout de suite mondial", insiste-t-il. Il s'agit tout d'abord, selon lui, d'une "bataille culturelle" : "l faut en finir avec les corporatismes" et "aider les gens à réussir".

Bercy pense aussi à adapter "la régulation, souvent peu favorable au développement de nouveaux modèles d'affaires". L'exemple cité est celui des procédures de validation des essais cliniques dans l'industrie pharmaceutique, qui seraient beaucoup plus longues en France qu'à l'étranger… (Le Figaro-économie). Le ministre de l'Economie estime que le financement bancaire traditionnel n'est pas adapté à l'économie numérique. Pour Emmanuel Macron, "il faut désormais des fonds propres" et "ramener le capital, qui est celui des épargnants, vers le financement de l'économie réelle […] ».

Nicolas Colin, cofondateur de l'incubateur The Family, partage cette analyse. Dans un entretien aux Echos (page 4), il estime qu'il faut "allouer l'épargne au financement de l'innovation de rupture, plutôt que dans l'immobilier ou les dettes de l'Etat, soutenir les entreprises innovantes face aux entreprises en place et redéployer la protection sociale pour qu'elle couvre les risques liés à la révolution numérique".

En bref

Social

– "Emploi des handicapés : des progrès encore insuffisants." La Semaine pour l'emploi des personnes handicapées s'ouvrira lundi prochain sur un constat mitigé : malgré des progrès réels, leur taux de chômage reste supérieur à 20%. Les Echos page 6.

– "Santé au travail : l'Etat jugé coresponsable." Un employeur peut se retourner contre l'Etat pour obtenir le remboursement d'une partie des dommages et intérêts qu'il a dû payer dans le cas d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle. Les Echos page 6.

– "Menaces tous azimuts sur le Big data." Attaques plus nombreuses, plus rapides et plus dangereuses : le cybercrime s'organise, la cybersécurité aussi. Reste à sensibiliser les entreprises et les particuliers. Le Monde Eco & entreprise pages 9 à 12.

Santé

– "Chaque année, le diabète entraîne 8.000 amputations." Infarctus, AVC, atteinte rénale, amputation des membres inférieurs… Une étude souligne les graves complications qui peuvent survenir chez les trois millions de Français diabétiques. La Croix page 6.

– "VIH : la trop longue attente pour le Truvada®." Une nouvelle consultation pour la prévention du sida s'ouvre aujourd'hui à l'hôpital Saint-Louis, à Paris. Elle permet désormais la délivrance du Truvada®. Libération page 7.

– "Les alcooliques ne sont pas les seuls à être anonymes." Toxicomanes, fumeurs ou obèses… Il existe désormais de nombreux groupes anonymes d'entraide pour les victimes d'addiction. La Croix page 16.

– "Vers un sursis pour les cabines de bronzage." Les députés pourraient empêcher l'interdiction totale des cabines de bronzage, dans le cadre du projet de loi santé. Le Monde page 9.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)