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Le nouvel enjeu des maladies chroniques

La croissance des maladies chroniques nécessite une nouvelle organisation de soins, estime un collectif d'experts de la santé.

Plus l'espérance de vie augmente, plus on est contraint de vivre longtemps avec une maladie chronique. Et actuellement, estime le Pr André Grimaldi, ex-chef de service de diabétologie à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, plus de 20 millions de personnes sont atteintes par ce type de pathologies qui sont souvent le fruit des "dégâts environnementaux".

Les maladies chroniques, rappelle-t-il dans un entretien accordé à Libération sont celles qu'on ne sait pas guérir, comme par exemple l'hépatite C, le diabète, le sida… On ne sait pas les soigner, mais grâce à ses progrès la médecine parvient à maintenir en vie, de façon durable, les personnes qui sont atteintes par ces pathologies. D'où le fait que la moitié d'entre elles sont considérées comme des affections de longue durée (ALD), prises en charge à 100% par la Sécurité sociale.

Dans un ouvrage collectif paru aux éditions Odile Jacob, et coordonné par André Grimaldi sous l'intitulé "Les maladies chroniques : vers une 3e médecine", 74 médecins, patients et experts prônent la mise en place d'une nouvelle organisation de soins.

Cette "troisième médecine" est actuellement vers ce quoi on tend, observe André Grimaldi, "mais de façon chaotique", car les deux modèles de médecine en cours sont inadaptés aux maladies chroniques. La "première médecine" vise en effet à soigner en ville les maladies aiguës et bénignes avec des gestes simples. La "deuxième médecine" réclame des gestes plus complexes pour affronter les pathologies graves.

La "troisième médecine" ne réclame pas de "haute technicité" et ne relève pas d'un "exercice isolé". Son modèle est plutôt celui d'une "médecine intégrée", pratiquée par des équipes bien coordonnées de médecins, de paramédicaux, de personnels administratifs et de travailleurs sociaux. Elle se situe entre la ville et l'hôpital.

Le but, explique-t-il, "n’est plus d’aller voir le médecin tous les mois pour renouveler l’ordonnance. A quoi cela sert-il ? Il faut aller vers une prise en charge globale, non seulement médicale, mais aussi psychologique et sociale. Et cela nécessitera un financement global, de nouvelles formations, des lieux nouveaux comme les maisons de santé". Dans la maladie chronique, estime ce médecin, "il s'agit de pratiquer la codécision" et que la relation soignants-patients soit basée sur la confiance.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)