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Le gouvernement de Nicolas Sarkozy

C'est la fin du suspense. Le gouvernement de François Fillon, nommé Premier ministre le 17 mai, est désormais formé. Sa composition a été annoncée ce matin, à 9h40, mais l'architecture générale de la nouvelle équipe gouvernementale faisait de moins en moins de doute. Anticipant l'annonce officielle, Les Echos (page 1) relèvent qu'il s'agit d'un gouvernement "ouvert, paritaire et restreint". Quinze ministres au total, dont huit hommes et sept femmes, un socialiste (Bernard Kouchner au ministère des Affaires étrangères et européennes) et un membre de l'UDF (Hervé Morin en charge du portefeuille de la Défense).

Voici "l'équipe Fillon" titre en "une" Le Parisien/Aujourd'hui avec une certaine audace. Ce quotidien publie les visages des ministres avec quelques imprécisions sur l'intitulé exact de leurs fonctions. Dans le domaine sanitaire et social, l'ancien ministre de la Santé, Xavier Bertrand, hérite du ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité. Selon Les Echos (page 4), il devra gérer de nombreux "dossiers chauds" : régimes spéciaux de retraites, représentativité syndicale, droit du travail… Ce quotidien économique dresse le portrait de celui qui a été le porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale et un bilan de son action au ministère de la Santé. Comme l'écrit Etienne Lefebvre, Xavier Bertrand a su réconcilier "la droite avec le corps médical tout en cantonnant les critiques des syndicats". Il a aussi fait "oublier que, si le déficit de la branche maladie a été divisé par deux (de 12 à 6 milliards d'euros) la Sécurité sociale est loin d'être sauvée".

Pour sa part, Roselyne Bachelot-Narquin est ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. Cette "très proche du nouveau Premier ministre" écrit Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), est docteure en pharmacie et députée européenne. Eric Woerth, trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, souligne Le Parisien/Aujourd'hui, prend la tête du ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique. Une administration qui devrait regrouper les budgets de l'Etat mais aussi de la Sécurité sociale, précise La Tribune (page 24).

Comme l'indique ce quotidien économique, un Conseil des ministres extraordinaire se tiendra cet après midi à 16h30. Une "première" pour François Fillon dont le portrait compose une grande partie des quotidiens. Ainsi, Le Monde consacre une double page (20 et 21) à cet "ambitieux tranquille" de 53 ans. Cet article retrace les grandes étapes de son parcours politique qui débute dans la Sarthe, en 1976, décrit sa personnalité ("flegmatique") et son orientation politique. "Je suis plus libéral que Seguin parce que je suis vraiment convaincu que la compétitivité génère la richesse. Plus social que les libéraux parce que je pense que l'on ne peut laisser de côté les plus faibles", indique-t-il au Monde.

Pour La Tribune (page 24), "il ne faut sans doute pas se fier à l'image rassurante du gaulliste social qui lui colle à la peau [car] François Fillon partage avec le nouveau chef de l'Etat la même conviction qu'une rupture est nécessaire pour relever la France". Sans surprise, son portrait est plus sévère dans L'Humanité (pages 2 et 3). Le nouveau Premier ministre est dépeint comme "l'artisan d'un libéralisme brutal". A son actif – ou passif selon les sensibilités –, la réforme des retraites qu'il a mené en 2003 quand il était ministre des Affaires sociales dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. "Une réforme qui n'assurera pas l'équilibre des retraites à l'horizon 2020", juge Le Monde (page 20) mais "elle apporte, à condition que le taux de chômage redescende autour de 4,5% à 6%, une partie non négligeable des besoins de financement des régimes".

Aujourd'hui, le nouveau locataire de l'Hôtel Matignon est confronté à un autre défi. Comme l'écrit Dominique Seux dans Les Echos (page 14), "il devra mettre en musique le projet de Nicolas Sarkozy et obtenir des “résultats”, terme constamment répété par le nouveau chef de l'Etat. Ce qui signifie réconcilier dans les actes les différents versants du discours de la campagne : social et libéral, protecteurs des plus fragiles et soutien aux plus dynamiques, protectionniste et ouvert au monde".