Najat Vallaud-Belkacem mobilise les enseignants autour des valeurs républicaines

La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a rencontré hier les principaux acteurs du monde scolaire et universitaire pour les sensibiliser à "une grande mobilisation de l'école pour les valeurs de la République". Dès jeudi dernier, soit au lendemain de l'attentat de Charlie Hebdo, la ministre a envoyé une lettre à tous les enseignants, pour les inviter à observer une minute de silence et à répondre favorablement aux demandes d'expression en classe.

Dans la majorité des établissements, les choses se sont passées dans le calme. Mais "soixante-dix cas problématiques nous ont été signalés, indique le ministère de l'Education. Seuls quelques incidents [liés à la minute de silence] sont vraiment graves et des élèves pourraient être déférés à la Justice. Nous tenons aussi à préciser que ces derniers se sont déroulés sur l'ensemble du territoire, et pas seulement dans le 93", rapporte Libération (pages 12 et 13).

Transposer aux salles de classe les scènes de fraternisation observées dans les manifestations paraît une tâche difficile, si l'on en juge par les réactions de certains élèves. Ainsi, vendredi, un élève du lycée technique Blaise-Pascal de Châteauroux (Indre) a été passé à tabac par trois "camarades", après avoir publié sur Facebook des messages rappelant "deux des valeurs de la Ré­publique que sont la tolérance et la laïcité", rapporte La Croix (page 5).

Comment désamorcer les tensions en classe ? Les enseignants se sentent ni formés, ni soutenus à le faire, observe Libération. "C'est à l'école de repousser les certitudes et les dogmes, lorsqu'un élève pense que le Coran oblige à porter le voile, qu'un non-croyant n'est pas quelqu'un de bien, ou qu'il est possible de tuer au nom de Dieu. Pour ce faire, il faut le confronter aux textes de manière dépassionnée et lui montrer qu'il a tort", estime, dans La Croix, Fouzia Oukazi, prof d'histoire-géo dans un lycée de Morangis (Essonne).

A partir de la rentrée prochaine, un enseignement laïc de la morale sera abordé dans les programmes scolaires, en application de la loi sur la refondation de l'école, note le quotidien.

"La formation des professeurs à la laïcité est déterminante. Beaucoup sont démunis. Il existe parfois un abîme entre la sociologie du monde enseignant et une partie de la population", explique, dans Le Figaro (page 6), Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN). "Penser que les réponses viendront de l'école est une illusion, ajoute-t-il. On ne peut pas la charger d'une mission prométhéenne consistant à changer les conditions sociales. C'est une politique de la ville sur le long terme, donc transpartisane, qui s'impose."

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L'image du médecin de famille exerçant seul dans son cabinet a vécu. L'avenir est au regroupement des professionnels de santé, constate la revue Alternatives économiques (n° 342, janvier, pages 32 à 34). A la sortie de leurs études, seuls 20 % des étudiants en médecine générale choisissent désormais l'exercice individuel, selon le Conseil national de l'Ordre des médecins. "Ils se recrutent toujours dans les catégories sociales favorisées, mais sont aujourd'hui plus souvent enfants d'enseignants que de professions indépendantes et davantage marqués par un esprit de service public, alors que leurs aînés manifestent un ethos libéral", explique la sociologue Anne-Chantal Hardy.

Les centres de santé ont été pionniers dans cet exercice collectif de la médecine. Les maisons de santé pluri-professionnelles, autre modalité de regroupement, sont passées de 174 en 2012, à plus de 600 en 2014, avec autant de projets de création. Sont-elles l'avenir de la médecine générale ? Sans être le remède miracle contre les déserts médicaux, elles sont favorisées par plusieurs tendances : le virage de la médecine ambulatoire ou encore le développement de la télémédecine. A noter que ce même numéro d'Alternatives économiques (page 24) publie un article sur les mutuelles communales : "Quand les villages créent leur mutuelle."

John Sutton

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