Naissance du deuxième acteur de la protection sociale complémentaire

Adréa mutuelle, Apréva et Eovi MCD ont approuvé les 16, 17 et 18 décembre les principes de constitution d'une union mutualiste de groupe (UMG), qui s'affiche comme un acteur majeur de la protection sociale complémentaire. Pour Maurice Ronat, président d'Eovi MCD, Patrick Brothier, président d'Adréa mutuelle, et Alain Tison, président d'Apréva, la première étape est la mise en place du groupe prudentiel. La nouvelle entité profitera ensuite de son effet de taille pour diversifier son offre.

Le projet de constitution d'une union mutualiste de groupe (UMG) vient d'être adopté par les assemblées générales extraordinaires d'Adréa, Apréva et Eovi MCD. Quels sont les chantiers qui s'ouvrent pour cette nouvelle entité ?

Maurice Ronat – L'approbation par les mutuelles des dispositions de la convention d'affiliation est une étape clé dans la création de l'union mutualiste de groupe. Elle nous permet de lancer les travaux de mise en œuvre opérationnelle du projet, d'ici à l'assemblée générale constitutive de juillet 2016.
Concrètement, l'année 2016 sera tout d'abord consacrée à la mise en place du groupe prudentiel, dans sa dimension de gestion des risques. Dans le même temps, nous souhaitons également que notre UMG devienne rapidement un levier de croissance pour nos mutuelles.

C'est pourquoi nous allons très vite créer une direction commune des grands comptes et du courtage, visant à nous développer ensemble sur ce marché, où l'effet de taille est désormais un facteur de succès incontournable.

Le poids de la nouvelle UMG

Adréa mutuelle, Apréva et Eovi MCD ont approuvé les 16, 17 et 18 décembre les principes de constitution d'une union mutualiste de groupe (UMG)

Si votre cœur de métier reste la complémentaire santé, quels autres services comptez-vous proposer ?

Patrick Brothier – Face à l'accord national interprofessionnel (Ani), qui induit à la fois la modification de notre modèle économique et une nouvelle intensification de la concurrence, nous nous devons de restaurer nos marges et de fidéliser nos adhérents par le multi-équipement.

Cela passe, bien sûr, par la diversification. Le métier des complémentaires santé évolue : l'adhérent attend désormais de sa mutuelle qu'elle l'accompagne véritablement dans la préservation de son capital santé. Dans ce cadre, la montée en puissance de garanties telles que la prévoyance devient indispensable, tout autant que celle de services à valeur ajoutée, dont certains pourront se déployer au travers d'un dispositif digital.
Notons que la diversification participe d'une logique nous permettant de couvrir tous les publics dans une capacité de réponse à l'ensemble de leurs besoins, en santé et au-delà.

Quels seront les atouts de cette nouvelle entité face à la concurrence ?

Alain Tison – L'atout principal sera indéniablement notre taille puisque l'UMG occupera une position majeure sur le marché de la protection sociale complémentaire, en seconde position dans le classement des mutuelles, avec plus de trois millions de personnes protégées. C'est une force incontestable, à la fois pour peser sur les débats nationaux de la protection sociale, pour nous développer sur de nombreux marchés et pour offrir des partenariats gagnant-gagnant à d'autres mutuelles.

Vient ensuite notre capacité d'investissement au service de nos adhérents. Notre présence sur l'ensemble du territoire national, notre expertise et nos références sur le marché qui s'ouvre – celui du collectif –, tout comme nos recommandations sur de nombreux accords de branche, constituent également des avantages concurrentiels de premier ordre.

L'union mutualiste de groupe (UMG) : une solidarité financière importante et durable

C'est la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 qui a introduit dans le Code de la Mutualité la possibilité de créer une union mutualiste de groupe (UMG). Cet outil figure à l'article L. 111-4-2 du Code. Il répond à la demande des groupements de disposer d'une structure mutualiste équivalente à la société de groupe d'assurance mutuelle (Sgam). L'UMG permet à des mutuelles et d'autres organismes pratiquant des opérations d'assurance ou de réassurance, y compris ceux relevant d'autres législations, de "nouer et gérer des liens de solidarité financière importants et durables". Constitués en UMG, ces derniers établissent des comptes combinés. A noter : cette tête de groupe financier, dont le fonctionnement est défini par voie réglementaire, ne doit pas être confondue avec l'union de groupe mutualiste (UGM), qui est un simple outil de mutualisation de moyens.

Anne Baudeneau

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)