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Mutuelles : travaux à tous les étages

Plus que jamais le secteur de l'assurance santé est en phase de profonde restructuration. C'est ce que soulignent ce matin Les Echos (page 11), qui analysent la multiplication des contraintes et défis auxquels les complémentaires – et les mutuelles en particulier – sont aujourd'hui confrontées. Pour faire face à la concurrence, mais aussi parce que certaines contraintes leur sont imposées, les fournisseurs de complémentaires ont entamé, depuis quelques années déjà, un vaste mouvement de regroupements. D'après le Fonds CMU, 500 acteurs se partageaient l'an dernier le marché. En 2004, ils étaient deux fois plus.

Pourquoi cette évolution ? En premier lieu, le secteur connaît une "pression concurrentielle" exacerbée, une tendance qui oblige à "investir massivement sur le plan commercial", mais aussi, "pour des mutuelles encore très mono-produit, à se diversifier au-delà de l'activité santé", souligne le quotidien.

Autre explication à ce changement de physionomie : Bruxelles. Après la transposition au début des années 2000 des directives européennes relatives aux assurances, c'est aujourd'hui la perspective de Solvabilité 2, qui accapare les organismes. "Face aux exigences de fonds propres imposées à partir de 2016 ou aux coûts induits par le passage à ces normes, notamment sur le plan informatique, certains assureurs ont jugé plus sûr ou n'ont eu d'autres choix que de s'adosser à des groupes ayant une surface financière plus grande", explique Laurent Thévenin.

Dernier chantier en cours pour les complémentaires, et non des moindres : la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés d'ici à 2016 prévue par l'accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013. Les Echos y voient un "changement de para­digme" pour l'ensemble des acteurs, en particulier en raison du transfert vers l'assurance collective de 4 millions de personnes aujourd'hui assurées à titre individuel. Or, commente Jacques Nozach, du cabinet Actuaris, "aller sur le collectif nécessite des investissements importants et un savoir-faire particulier. Ce sont des “business models” très différents". Ce qui va pousser à un certain nombre de partenariats.

Ceux-ci peuvent enfin s'avérer nécessaires alors que "le métier de la complémentaire santé va évoluer vers de plus en plus de services comme la prise en charge de patients ou la prévention de maladies chroniques", résume Michel Collombet, associé chez Eurogroup Consulting.

 

La stratégie du nouveau Servier

Successeur de Jacques Servier à la tête du laboratoire qui portait son nom, Olivier Laureau a évoqué mercredi devant ses salariés "ses priorités stratégiques pour les années à venir", écrivent Les Echos (page 20). La première est le maintien des efforts entrepris en matière de recherche et développement : 25% du chiffre d'affaires continueront d'être investis en R & D.

Autre priorité : le renforcement de l'activité "génériques" qui représente déjà 28% des ventes du groupe. Olivier Laureau a demandé à deux de ses sociétés, Biogaran et Egis, de travailler en synergie sur un plan de développement de ces génériques dans de nouveaux pays.

Par ailleurs, le groupe qui a dégagé un résultat net de 325 millions d'euros en 2013, pour un chiffre d'affaires de 4,2 milliards, "veut retrouver un niveau rentable dans l'ensemble de ses filiales, notamment en Europe du Sud, une zone particulièrement touchée par le durcissement des politiques budgétaires dans la santé", notent Les Echos. Pour ce qui est de la France, ses revenus ont reculé de 8,3%, à environ 300 millions.

Mais là où le nouveau président de Servier était très attendu, c'est sur sa position vis-à-vis de l'affaire du Médiator®. Olivier Laureau a déclaré que le groupe Servier assumerait ses responsabilités, rapporte lefigaro.fr. Dans le cadre des procédures de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) et civiles "nous avons indem­nisé, nous indemnisons, et nous indemniserons tous les patients qui ont souffert du produit", a-t-il prévenu.

S'agissant des procès à venir, poursuit lefigaro.fr, Olivier Laureau a indiqué que le groupe entendait "défendre [sa] position avec détermination" car il "estime qu'il y a beaucoup d'éléments dans le dossier qui n'ont peut-être pas été dits, entendus, donc on le fera entendre".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)