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Moins de généralistes et des médecins vieillissants

"Une situation paradoxale", souligne Le Figaro-économie (page 20) : d’un côté les médecins n’ont jamais été aussi nombreux en France, mais de l’autre, "les territoires se vident de leurs médecins", alerte Jean-François Rault, responsable de la démographie médicale au Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom). "Les jeunes ne compensent pas les départs à la retraite", explique-t-il. Autre point notable : les médecins en activité régulière vieillissent.

En outre le nombre de généralistes continue de baisser. "Notre inquiétude la plus forte concerne cette spécialité", indique Patrick Romestaing, vice-président du Cnom. Depuis 2007, le nombre de médecins de famille a fondu de 10% et l’hémorragie ne va pas s’arrêter. En 2020, on comptera encore 7% de généralistes en moins. Parmi les autres spécialités, les rhumatologues, les dermatologues et les chirurgiens généralistes sont également de moins en moins nombreux."

Plus d’un quart (26,4%) ont 60 ans et plus, et la moyenne d’âge est de 51,5 ans.

L’Atlas 2015 du Cnom révèle de fortes disparités régionales. Seules huit régions affichent une densité médicale supérieure à la moyenne nationale (281,4 médecins pour 100.000 habitants). Comme l’an dernier, la Picardie est la région la moins bien dotée (230,9 médecins pour 100.000 habitants). La région Paca, qui possède la plus forte densité, compte 352 médecins pour 100.000 habitants, devant l’Ile-de-France (346,3 pour 100.000), qui, paradoxalement, enregistre la plus forte baisse d’effectifs depuis 2007 : – 6%.

Face à la désertification médicale, les collectivités territoriales rivalisent d’imagination pour inciter les jeunes médecins à venir s’installer chez elles, constate Le Figaro-économie. "Wanted !", n’hésite pas à afficher le conseil général de l’Allier, qui propose aux étudiants en médecine une subvention de 38.400 euros sur trois ans, pour qu’ils s’installent pour six ans dans les déserts médicaux du département.

La Lozère, de son côté, met en avant les charmes du kayak, de l’escalade et de la spéléologie, et propose des bourses scolaires pour attirer les jeunes internes de la faculté de Montpellier, à proximité. Enfin, la Mairie de Paris a lancé un plan "Paris Med" pour faire venir les jeunes médecins, rebutés par le prix des loyers dans la capitale.

Mais comment attirer les jeunes vers la médecine générale ? La ministre de la Santé a pris plusieurs mesures dans ce sens : un stage de médecine générale pour tous les étudiants, la création du statut de "praticien territorial de médecine générale", garantissant un revenu minimum à 350 jeunes installés en zone "démédicalisée" et, surtout, le développement des maisons de santé pluridisciplinaires, note Le Figaro-économie.

"Peut-être faut-il imposer aux médecins en début de carrière des affectations transitoires, qui serviraient à payer en quelque sorte les frais que la Nation a dépensés pour eux ?", suggérait récemment, au congrès de Poitiers, Florence Augier, membre du bureau national du PS, rapporte La Croix (page 16). Une idée qui a aussitôt déclenché un déluge de commentaires peu amènes pour les politiques, sur le site Internet du Quotidien du médecin.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)