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Mobilisation pour la liberté d’expression

"Tous debout contre la haine" pour L'Humanité. "Sursaut national"pour La Croix. "11 septembre français" pour Le Monde… La mobilisation pour la liberté d'expression fait toujours l'unanimité dans l'ensemble de la presse française, deux jours après l'attentat contre Charlie Hebdo.

L'attentat contre Charlie Hebdo est un "11 septembre français", titre Le Monde, qui rend largement compte du deuil national et des rassemblements spontanés. La Croix salue le "Sursaut national", qui se manifeste dans toute la France par "de multiples initiatives qui rendent hommage aux douze victimes de l'attaque terroriste". Même tonalité de la part de L'Humanité, qui demande aux Français d'être "tous debout contre la haine". Enfin, Libération s'intéresse à la traque des "auteurs présumés du massacre, localisés dans l'Aisne" et revient sur le parcours des deux frères terroristes.

Hier à midi, dans les usines, les bureaux, les écoles, les gares, les métros, les bus… les Français se sont figés pour observer une minute de silence à la mémoire des victimes, comme en témoigne un reportage du Parisien/Aujourd'hui (page 15). La solidarité s'est exprimée dans le monde entier. Sur Twitter, les expressions #CharlieHebdo, #Iam Charlie et #Paris sont arrivées en tête des recherches en Belgique, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie, note Le Parisien (page 15). A Washington, le président Barack Obama s'est rendu hier soir à l'ambassade de France pour écrire "Vive la France !" sur le registre des condoléances. Dans la capitale américaine, des dizaines de personnes s'étaient rassemblées dès mercredi soir pour rendre hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo , le souvenir du 11 septembre était dans tous les esprits, souligne Le Monde (page 12).

Par ailleurs, Patrick Pelloux, médecin urgentiste et chroniqueur à Charlie Hebdo , raconte, dans Le Parisien (page 9), son arrivée sur les lieux de l'attentat et son intervention avec les pompiers. Il exprime son désespoir de ne pas avoir pu sauver ses amis : "Il n'y avait plus rien à faire parce qu'ils étaient touchés à la tête."

Dans le même quotidien (page 11), on peut lire un émouvant portrait de Mustapha Ourrad, 60 ans, assassiné pendant la conférence de rédaction de Charlie Hebdo . Mustapha était également correcteur de presse à Viva, le magazine de la FMF, depuis 1997. Dans Le Parisien, Claire Marabelle, secrétaire générale de la rédaction de Viva, évoque "un homme de vaste culture, grand lecteur et surtout un amateur de poésie" (contact : vivanet@ viva.presse.fr).

Malgré les nombreuses difficultés, les rescapés de l'équipe de Charlie Hebdo ont annoncé qu'ils publieront mercredi prochain "un numéro de survivants", tiré à un million d'exemplaires, contre 60.000 habituellement, précise Libération (page 13). Ce nu­méro exceptionnel sera conçu dans les locaux du quotidien, qui a offert d'héberger la rédaction de Charlie Hebdo, comme il l'avait été en 2011, après l'incendie criminel des locaux de l'hebdomadaire.

"L'Union sacrée jusqu'à quand ?", interroge Le Monde (page 8) à propos des divisions apparues autour de l'organisation de la "marche républicaine et silencieuse", organisée dimanche à Paris, entre République et Nation, à l'appel de l'ensemble des partis de gauche et de droite, des syndicats et des associations de défense des droits de l'Homme. Le PS et le Front de gauche refusent la participation du Front national à la manifestation, tandis que l'UMP trouve inacceptable une telle exclusion, note Libération (page 10). La participation du président de la République à la "marche républicaine" de dimanche est envisagée, mais "pas décidée" pour le moment.

A lire aussi – Tiers payant : la solution des complémentaires

Le secteur des complémentaires santé est "en train de préparer une plate-forme informatique, sur le modèle du groupement d'intérêt économique (GIE) des cartes bancaires, pour que le tiers payant se mette en place avec eux – et non uniquement sous l'égide de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam)", annoncent Les Echos de jeudi 8 janvier (page 6).

Principal mot d'ordre pour la mise en œuvre de ce dispositif : la généralisation du tiers payant doit s'appuyer sur un système "simple" et facile à utiliser, selon les termes de François Hollande lundi dernier sur France Inter.

"Il faut éviter toute charge administrative supplémentaire pour le médecin qui passe au tiers payant", estime dans cet esprit Etienne Caniard, le président de la Mutualité Française, qui "milite depuis longtemps pour la généralisation" de la dispense d'avance de frais.
Pas question pour le professionnel de santé de "supporter le risque d'un aléa dans la transaction", expliquent Les Echos : "Il sera donc assuré par les complémentaires, comme le commerçant est assuré par les banques lors d'un paiement par carte bleue. Avec la carte Vitale, le système authentifiera en temps réel le patient et identifiera ses droits sans qu'il soit nécessaire de saisir des informations supplémentaires." Le système vérifiera en outre que le compte du médecin aura bien été crédité pour chaque consultation.

Pratiquée par tous les pharmaciens et par 55% des infirmiers, la dispense d'avance de frais "est obligatoire chez le médecin pour les titulaires de la couverture maladie universelle (CMU) et sera étendue aux bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS) le 1er juillet", rappelle Solveig Godeluck. C'est précisément les conditions de mise en œuvre de cette étape qui suscitent la colère des complémentaires, note cette journaliste.

D'où l'initiative d'Etienne Caniard, de réunir fin novembre l'ensemble des acteurs de la complémentaire (mutuelles, assureurs, institutions de prévoyance), afin de mettre sur pied un dispositif commun. A ce stade, aucune solution technique ni juridique n'est arrêtée. Les trois familles ont "harmonisé les formats et normes d'attestation d'ouverture de droits" et préparent un annuaire des complémentaires, qui sera mis en ligne cette année. Reste à travailler avec les éditeurs de logiciels médicaux pour intégrer dans leurs produits la future brique "tiers payant".

John Sutton et Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)