Mise en garde syndicale

En lançant que les syndicats "qui ne représentent que 8% des salariés" ne pourront pas aller contre l'avis de la majorité "des Français qui se sont exprimés en faveur de Nicolas Sarkozy", le directeur de campagne du candidat de l’UMP, Claude Guéant, a provoqué de vives réactions. A commencer par celle de la CGT. Ainsi, rapporte Libération (page 13), ce syndicat "va diffuser nationalement un tract rappelant ses revendications". Dans ce quotidien, la CGT souligne que "la légitimité syndicale et sociale n'est pas contestable ".

Dans un entretien accordé au Monde (page 11), son secrétaire général, Bernard Thibault, rappelle qu'"une élection présidentielle ne résout pas tout " même si "ceux qui se retrouvent aux postes de responsabilité prétendent incarner une légitimité exclusive ". En 1995, explique-t-il, "Jacques Chirac a été élu avec 52% des voix en mai […], cela n’a pas empêché un conflit long" en fin d’année.

Un premier mouvement de protestation est d’ailleurs en préparation. " Les fédérations de cheminots de la SNCF se réunissent aujourd’hui pour étudier une proposition de la CGT en vue d’une grève nationale le 5 juin ", avertit Le Figaro (page 22). Elle vise à mettre en évidence la "dégradation de la situation de l’entreprise SNCF et des conditions sociales des cheminots" et de s’opposer au "service minimum", une des propositions de Nicolas Sarkozy, explique ce quotidien. Toutefois, d’après Le Figaro, cette grève ne semble pas faire l’unanimité des syndicats. La CFE-CGC ne s’y associera pas, même si elle se déclare "vigilante sur l’évolution des sujets sociaux qui seront abordés par le nouveau gouvernement". De son coté, "Sud Rail a fait savoir que la date du 5 juin, proche des élections législatives, ne faisait pas l’unanimité ".

"Je souhaite bien du plaisir au futur gouvernement si son seul souci consiste à trouver quel syndicat l'aidera à faire avaler les pilules amères des mois à venir ", met en garde Bernard Thibault. Concernant FO, Le Figaro (page 20) rappelle que la veille dans Les Echos, Jean-Claude Mailly "soulignait les dangers pour le gouvernement de passer en force", sans toutefois le menacer d'un troisième tour social.

En revanche, la proposition faite par l’économiste Pierre Cahuc à Nicolas Sarkozy pour la rédaction de son programme économique risque de "heurter l'ensemble des centrales ", estime Libération. Celui-ci suggère de "réduire la participation des syndicats" dans les missions de service public, comme l’assurance chômage ou la formation. Or, ceux-ci sont très attachés à la gestion paritaire des organismes sociaux.

Fréquentation médicale en hausse

Dans un document de travail, le Haut Conseil pour l'avenir de l’assurance maladie (Hcaam) constate que le nombre d'actes médicaux est en nette progression. En effet, alors qu'en 1980 on comptabilisait cinq actes par an et par personne (consultations, visites ou actes techniques), en 2004, on recense 9 actes, soit une augmentation de près de 70%, rapporte La Tribune (page 28).

Cette progression "concerne particulièrement les médecins spécialistes dont le nombre d'actes a doublé sur la période", précise le quotidien économique. Pour les 10% des patients qui consultent le plus régulièrement, ce document fait état de 17 "recours au médecin" par an.

Pour le Haut Conseil, il existe une "surreprésentation des personnes en affections longue durée (+ 24 points), des plus de 65 ans (+ 21 points) ou des adultes très peu diplômés consultant un généraliste". En revanche, les actifs sont sous représentés (-14%) ainsi que les enfants et les ménages aisés.

Le Hcaam relève également d'importantes disparités géographiques. Ainsi, les généralistes sont davantage consultés dans le Pas-de-Calais, les Ardennes ou la Somme que les spécialistes. A Paris, dans les Hauts-de-Seine ou encore dans les Yvelines, le mouvement est inverse.