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Mieux comprendre la vaccination contre la grippe A

La vaccination contre la grippe A/H1N1 doit débuter cet automne. Entre soulagement et inquiétude, cette campagne de vaccination massive soulève de nombreuses interrogations : quelles seront les personnes prioritaires ? Les vaccins seront-ils sûrs ? La vaccination sera-t-elle obligatoire ?

Quand le vaccin sera-t-il disponible ?

La campagne de vaccination massive contre la grippe A/H1N1 pourrait démarrer à la mi-octobre. A cette date, les vaccins devraient avoir reçu leur autorisation de mise sur le marché (AMM). "Plusieurs millions de doses seront disponibles à partir de la mi-octobre, munies de leur AMM", a précisé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, lors d'un des points presse réguliers sur la grippe A/H1N1. "Aucun vaccin ne sera injecté avant d'avoir reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM)." Cette autorisation garantit la sécurité des produits de santé. Elle détermine aussi les spécificités de la vaccination : délai entre deux injections, effets secondaires, efficacité, etc.

La vaccination est-elle obligatoire ?

"La vaccination sera gratuite et non obligatoire", a annoncé Roselyne Bachelot. Chacun sera donc libre de se faire vacciner ou pas, y compris les professionnels de santé. La vaccination des enfants en milieu scolaire sera soumise à l'autorisation des parents.

Y aura-t-il assez de vaccins pour tout le monde ?

La France a commandé 94 millions de doses de vaccins contre la grippe A. Mais la livraison des vaccins devrait s'échelonner sur plusieurs mois. La mise à disposition progressive des vaccins impose aux autorités d'établir des priorités. A terme, "le vaccin devra être accessible à toute personne qui en fera la demande", a certifié Roselyne Bachelot.

Quelles sont les premières personnes qui seront vaccinées ?

Le Haut Conseil de santé publique a rendu le 7 septembre ses recommandations sur la vaccination. Seront vaccinés "en priorité les personnels de santé, médico-sociaux et de secours, en commençant par ceux qui sont amenés à être en contact fréquent et étroits avec des malades grippés ou porteurs de facteurs de risque".

Quelles sont les autres personnes prioritaires ?

Le Haut Conseil a établi cinq groupes de population dont le niveau de priorité est décroissant. Premier groupe : les femmes enceintes à partir du 2e trimestre de grossesse, l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois (parents, frères et sœurs…) et les bébés de 6 à 23 mois ayant de pathologies chroniques graves : respiratoires, cardiaques, neuromusculaires, déficits immunitaires. Le deuxième groupe compte les personnes de 2 à 64 ans atteintes de maladies sévères : respiratoires, cardio-vasculaires, rénales, diabète, déficits immunitaires, drépanocytose. Les nourrissons de 6-23 mois en bonne santé et les personnes de 65 ans et plus avec facteur de risque font partie du groupe 3. Enfin, les 2-18 ans en bonne santé constituent le groupe 4 et les 19 ans et plus sans facteur de risque le groupe 5.

Pourquoi les bébés de moins de 6 mois ne seront-ils pas être vaccinés ?

Les nourrissons de moins de 6 mois ne bénéficieront pas de la vaccination, car il n'existe pas de vaccin adapté à leur âge. Pour les protéger de façon indirecte, c'est leur entourage qui doit être vacciné : c'est ce que les médecins appellent "la vaccination en anneau".

Comment les personnes prioritaires sont-elles informées ?

Elles doivent recevoir une lettre de leur organisme d'assurance maladie. Ce courrier va contenir un bon nominatif à présenter au centre de vaccination le plus proche de leur domicile. Une fois les personnes prioritaires vaccinées, toute la population recevra un bon de l'assurance maladie.

Où se trouvent les centres de vaccination ?

Les centres de vaccination sont déterminés par les préfets, à raison d'un minimum de trois centres par département. Il devrait s'agir de grandes structures publiques, comme les gymnases ou les salles polyvalentes. Les établissements de santé sont exclus afin de ne pas perturber leur fonctionnement et préserver leur capacité à recevoir les malades. Des équipes mobiles doivent être constituées afin de pouvoir effectuer une vaccination dans les écoles et dans les centres pour personnes âgées ou handicapées. Les centres de santé mutualistes peuvent aussi être candidats.

Par qui serons-nous vaccinés ?

Des professionnels de santé volontaires vont vacciner la population : médecins, infirmières, étudiants en médecine.

Combien de doses faut-il pour être protégé ?

"Le schéma vaccinal de base comporte actuellement l'administration de deux doses espacées de 21 jours", précise le Haut Conseil de la santé publique. Mais les données à venir pourraient faire reconsidérer ce schéma "si la première dose" permettait "l'obtention d'un effet protecteur." Le Haut Conseil précise également "qu'une quantité de vaccins monodose sera disponible."

Les personnes qui ont eu la grippe A doivent-elles se faire vacciner ?

"La vaccination pourra être proposée" aux personnes qui déclarent "avoir déjà été atteintes de la grippe A, sauf si celle-ci a été confirmée biologiquement", explique le Haut Conseil de la santé publique. Pour le moment, les tests biologiques sont réservés aux cas graves et aux cas groupés : plus de trois patients atteints au sein d'un même foyer.

Tous les vaccins utilisés seront-ils identiques ?

Le ministère de la Santé a commandé des vaccins auprès de quatre laboratoires : Sanofi-Pasteur, Novartis, GlaxoSmithKline et Baxter. Il y aura donc quatre vaccins différents en circulation. Les deux injections devront être réalisées avec le vaccin du même fabricant.

Comment les vaccins sont-ils fabriqués ?

Les vaccins contre la grippe A/H1N1 sont fabriqués de la même façon que ceux de la grippe saisonnière. Ils sont produits à grande échelle, soit sur des oeufs de poule, soit sur des cultures cellulaires. Ensuite, le virus est inactivé, c'est-à-dire "tué". Le vaccin ne contient donc pas de virus vivant. Le fabricant récupère alors les protéines qui se situent à la surface du virus contre lesquelles se dirigent nos défenses immunitaires. Il ajoute des adjuvants pour augmenter l'efficacité du vaccin.

Les adjuvants sont-ils dangereux ?

Certains adjuvants sont suspectés de provoquer l'apparition de maladies auto-immunes. "Il n'existe actuellement aucun signal permettant de craindre la survenue d'effets secondaires graves suite à l'utilisation de vaccins grippaux adjuvés, assure le Haut Conseil de santé publique. Toutefois, nuance-t-il, il n'existe pas de données suffisantes concernant leur utilisation chez des sujets dont le système immunitaire est immature (jeunes enfants) ou modifié (femmes enceintes, immunodéprimés)." Il recommande ainsi de privilégier l'utilisation de vaccins sans adjuvant pour les enfants âgés de 6 à 23 mois, les femmes enceintes, les malades souffrant de maladies du système immunitaire, les transplantés.

La vaccination est-elle sans risque ?

En termes de santé publique, les autorités estiment que les bénéfices de la vaccination sont supérieurs aux risques. Mais "les vaccins contre la grippe A sont trop nouveaux pour que l'on puisse connaître exactement leurs effets secondaires", souligne le Dr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil et expert du réseau Infovac (réseau d'experts indépendants sur les vaccinations à destination des pédiatres). "Il n'est pas encore possible d'exclure un risque rare (1 à 10 par million) d'effets indésirables inhabituels ou graves. Ce risque est cependant beaucoup plus faible que le risque de complications de la grippe A/H1N1 qui est de 2 à 3%."

Faudra-t-il également se faire vacciner contre la grippe saisonnière ?

La vaccination contre la grippe A ne protège pas de la grippe saisonnière, et inversement. Les personnes âgées et les patients souffrant de maladies chroniques devront, comme chaque année, se faire vacciner contre la grippe saisonnière. Le Haut Conseil de santé publique recommande que ce vaccin soit administré en premier et le plus vite possible. "Un intervalle minimal de 21 jours doit être respecté entre la vaccination contre la grippe saisonnière et la première injection du vaccin contre la grippe A."

Si le virus H1N1 mute, le vaccin nous protégera-t-il, même partiellement ?

Tout dépend du type de mutation. Si les protéines de surface du virus A/H1N1 ne sont pas modifiées, le vaccin distribué à l'automne pourra protéger, au moins partiellement, d'une mutation modeste. En revanche, si le virus mute de façon importante, il ne nous protégera pas.

Ghislaine Trabacchi

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)