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Menaces sur les centres de santé

Les difficultés rencontrées par les onze centres de santé de la Mu­tualité des Bouches-du-Rhône illustrent la peine de la plupart des centres de santé à équilibrer leurs comptes, souligne Le Monde (page 12). C'est aujourd'hui, rappelle le quotidien, que le tribunal de grande d'instance de Marseille doit décider du sort de ces centres, après six mois de redressement judiciaire. Les mutuelles qui les financent ne pouvaient plus supporter les 4 millions d'euros de déficit par an, sur 80 millions de chiffre d'affaires. Où vont aller se soigner les 200.000 patients (10% de la population des Bouches-du-Rhône) qui les fréquentent chaque année, s'inquiète Le Monde.

"Un centre de santé a des coûts environ 20% supérieurs à ceux d'un cabinet médical libéral", explique Eric May, président de l'association des médecins de centres de santé. Selon d'autres sources, le surcoût est évalué entre 5 et 15% par rapport à la médecine de ville. "Il ne faut pas oublier toutes les missions de prévention qu'exercent les médecins des centres de santé", souligne Eric May dans Le Monde.

Ces structures permettent également de pallier les déserts médicaux, notamment en Seine-Saint-Denis, un territoire qui manque cruellement de médecins. "Non seulement il y a moins de cabinets libéraux, mais beaucoup de spécialistes installés dans notre département refusent de soigner les étrangers qui bénéficient de l'aide médicale d'Etat, dé­plore Jacques Murcia, masseur-ki­nésithérapeute au centre de santé de La Courneuve. […] Ils sont à peine plus nombreux à accepter les personnes bénéficiant de la CMU, à laquelle ont droit un tiers des Courneuviens." Dans cet établissement, on trouve aussi bien des étudiants que des retraités touchant de petites pensions, des allocataires du RSA ou des étrangers sans papiers.

La plupart des 1.700 centres de santé existant en France dépendent des subventions publiques ou des mutuelles pour fonctionner. La baisse des budgets sociaux des collectivités locales fragilise leur financement. "Les centres de santé ont des subventions qui vont de 0 à 50% de leurs recettes, estime Yann Bourgueil, chercheur à l'Irdes. Par ailleurs, ils ac­cueillent des populations souvent plus précaires que la moyenne", qui génèrent des soins et une attention accrus.

Quelques rares centres de santé arrivent à fonctionner sans subvention. C'est le cas de ceux de l'association ADMS, dans la banlieue nord de Paris, dont la directrice, Mireille Benoit, mène "une bataille quotidienne" pour équilibrer les comptes. "Je m'occupe moi-même de faire l'accueil quand il n'y a personne et, surtout je paye les médecins en fonction du nombre de consultations qu'ils font", confie-t-elle. Un sujet encore tabou dans un milieu historiquement très attaché au salariat, souligne Le Monde.

Depuis 2008, de nouveaux modes de rémunération sont expérimentés par la Cnam avec certains centres de santé. Ils visent à sortir de la seule rémunération à l'acte, mais aussi à financer la coordination des soins ou la prévention. Un bilan de cette expérimentation doit être réalisé d'ici à la fin de l'année.

Soins dentaires : négociations difficiles

L'assurance maladie, les syndicats de dentistes et les complémentaires santé peinent à se mettre d'accord sur les tarifs des soins dentaires alors qu'ils doivent se retrouver aujourd'hui pour une ultime séance de négociations, rapporte Le Figaro-économie (page 19). "Les délais sont trop courts avant l'élection présidentielle, on avance difficilement", es­time Roland L'Herron, président de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD), majoritaire. Selon lui, la dernière séance, prévue aujourd'hui, devrait se prolonger et il pourrait même y avoir d'autres réunions. De son côté, le directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) propose l'instauration d'un "tarif social dentaire" pour les personnes qui sont éligibles à l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS), soulignent Les Echos (page 4). Les tarifs des soins mal remboursés (prothèses, orthodontie…) seraient plafonnés. En échange, les soins conservateurs (détartrage, plombage, dévitalisation, chirurgie) pourraient être revalorisés.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)