Les médicaments victimes de ruptures de stock

Depuis cinq ans, les indisponibilités se multiplient pour certains médicaments. Difficultés de production ou d'approvisionnement : en 2015, les laboratoires ont signalé 800 cas de ce type.

De plus en plus fréquentes, les ruptures de stock commencent à poser problème, soulignent ce matin Les Echos. Entre février 2015 et novembre 2016, rapporte le quotidien économique, l'Ordre des pharmaciens a recensé "pas loin de 200.000 déclarations de ruptures (médicament indisponible dans les 72 heures) signalées par les officines". Ce qui représente 2% des molécules qu'elles vendent.

Les vaccins sont à 22% les plus indisponibles, et le délai moyen de mise à disposition est de 139 jours. S'ensuivent les produits dermatologiques (6% d'indisponibilité et 116 jours d'attente), les hormones systémiques (6% également et 34 jours), les hormones sexuelles ou génito-urinaires (8%,100 jours) et enfin les médicaments ciblant muscles et squelettes (3,1%, 129 jours).

Depuis cinq ans, cette situation a pris de l'ampleur. D'après l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le nombre de déclarations de ruptures a été multiplié par 10. En général, ce sont les laboratoires qui rencontrent des difficultés de production ou d'approvisionnement. L'an passé, ils ont signalé 800 cas de ce type.

Offres insuffisantes par rapport à la demande, défaut de matières premières, fermeture des usines par les autorités pour raisons de sécurité. Sans parler de la réorganisation des circuits de distribution induite par des enjeux concurrentiels qui nuisent finalement au patient.

Les Echos abordent par ailleurs ce matin une autre problématique liée aux médicaments. Elle concerne la part de ce poste dans les dépenses de l'assurance maladie. Ces dernières ont augmenté de 3,9% en novembre et, indique la Cnam, l'explosion des dépenses des médicaments le mois dernier en est en grande partie responsable.

D'après le quotidien, en effet, "les remboursements de médicaments délivrés à l'hôpital mais "rétrocédés" au budget des officines ont crû de 14,8%". De nouveaux médicaments remboursés par l'assurance maladie sont arrivés en officine et tirent les prix vers le haut. C'est le cas des thérapies contre le VIH ou la sclérose en plaques, ou encore des traitements contre l'hépatite C.

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