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Médicaments : les seniors en prennent trop !

De gauche à droite, Claude Rambaud, administratrice de France Assos Santé, Gérard Raymond, vice-président de France Assos Santé, Victoire N'Sondé, chef de rubrique santé à 60 millions de consommateurs, et Frédérick Cosnard, directeur médical de Santéclair.

Les patients de 65 ans et plus consomment, en moyenne,14 médicaments différents par jour, indique une étude publiée par le magazine 60 millions de consommateurs. Chaque année, cette polymédication des seniors entraîne 130.000 hospitalisations et cause 7.500 décès.

Chutes, accidents hémorragiques ou cardio-vasculaires : les problèmes de santé dus à la prise simultanée de plusieurs médicaments peuvent s'avérer très graves. Chaque année, cette polymédication entraîne 130.000 hospitalisations et cause 7.500 décès chez les patients de 65 ans et plus.

Une étude menée par OpenHealth, et dont les résultats ont été publiés par le magazine 60 millions de consommateurs d'octobre 2017, a analysé les traitements d'environ 155.000 patients qui consommaient régulièrement au moins 7 médicaments différents. Les données provenant de 2.670 pharmacies révèlent que les seniors avalent, en moyenne, plus de 14 spécialités pharmaceutiques distinctes, avec un maximum de 58 !

"Problème de pertinence"

"Ce ne sont pas 58 comprimés mais bien 58 médicaments différents ! Il y a un problème de pertinence des traitements", a déploré Claude Rambaud, administratrice de France Assos Santé, lors d'une conférence de presse organisée le 21 septembre 2017. Cette multiplication de médicaments augmente les risques d'interactions entre les différentes spécialités et, par conséquent, les risques d'effets indésirables potentiellement sévères.

Sur 36 combinaisons dangereuses passées au crible, il apparaît que 89% des seniors polymédiqués sont confrontés à "au moins trois situations à risque" et, en moyenne, "à plus de cinq situations à risque", indique l'étude.

Parmi les classes thérapeutiques à "haut risque d'accidents", figurent notamment des médicaments essentiels prescrits dans le cadre de la prise en charge des maladies chroniques. Il s'agit d'antidiabétiques, d'anticancéreux, de médicaments contre l'hypertension artérielle, d'antithrombotiques, visant à prévenir ou traiter les caillots sanguins, ou encore de psychotropes (anxiolytiques, antidépresseurs, etc.) utilisés pour lutter contre les troubles psychiques.

Plusieurs prescripteurs

Dans 84% des cas, le médecin traitant n'est pas l'unique prescripteur. Ces prescriptions insuffisamment contrôlées sont dispensées par 2,6 praticiens en moyenne. Près de la moitié des patients ont "des prescriptions d'au moins trois médecins différents", précise l'étude.

"Le risque médical perçu par les malades est très faible car ils font confiance à leur médecin", remarque Frédérick Cosnard, directeur médical de Santéclair. "Quant aux praticiens, ils ont conscience du risque mais n'ont pas l'impression d'avoir rencontré une telle situation avec leurs propres patients", ajoute-t-il.

"Pour réduire les risques médicamenteux, il est essentiel de renforcer le rôle central du médecin traitant", recommande Gérard Raymond, vice-président de France Assos Santé. "Les technologies du XXIe siècle doivent lui permettre d'accéder à toutes les informations sur les pathologies et les traitements du patient", préconise-t-il.

Au-delà du dossier médical partagé (DMP), le dossier pharmaceutique peut également servir à faire le point sur les médications, avant la survenue d'un accident. Cette amélioration de la coordination des soins doit, en effet, être l'affaire de tous les professionnels de santé. Par exemple, il est crucial que les spécialistes fassent suivre chaque compte rendu médical au médecin traitant, qui assure le suivi global et régulier du malade.

Réviser l'ordonnance

Autre nécessité pour les médecins : prendre le temps de réviser une ordonnance au lieu de la renouveler systématiquement. Il importe de se demander si tel ou tel médicament est toujours indiqué, si son dosage est adapté, s'il existe un traitement disposant d'un meilleur bénéfice-risque ou même une alternative non thérapeutique.

Pour leur part, les patients ont intérêt à informer leur médecin des différents traitements en cours, y compris en automédication. En cas d'effets indésirables, il convient d'effectuer un bilan avec son médecin traitant. "Les personnes qui prennent beaucoup de médicaments ne doivent surtout pas arrêter leurs traitements de manière unilatérale. Le risque serait d'arrêter les médicaments essentiels et d'en garder d'autres qui sont accessoires", prévient Victoire N'Sondé, chef de rubrique santé à 60 millions de consommateurs.

En savoir +

Cliquer ici pour télécharger les résultats complets de l'étude.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)