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Médicaments : les génériques à la peine

Baisses de prix et répertoire limité : en France, les médicaments génériques affichent un taux de pénétration très en dessous de la moyenne des autres pays de l'OCDE.

Sans la contribution des pharmaciens pour encourager leur diffusion et l'inscription au répertoire de nouvelles molécules généricables, le marché des médicaments génériques aurait été en recul de 2,4% en volume et de 3,9% en valeur en 2017, annoncent Les Echos.

L'action des officines, qui ont atteint un taux de substitution de 80,7%, a permis de stabiliser ce marché à 3,47 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit +0,2% par rapport à 2016. Elle a notamment compensé les baisses de prix des génériques imposées par le gouvernement : 800 millions d'euros sur les cinq dernières années.

Sur ce point les industriels n'ont pas caché leur incompréhension, estimant que "pour réaliser des économies, les autorités de santé devraient favoriser l'augmentation de la part des génériques dans le marché global des médicaments plutôt que de baisser les prix".

Précisément, indiquent les professionnels de la filière, "le taux de pénétration des génériques n'est en France que de 36% en volume (19% en valeur)". Bien loin de la moyenne affichée dans les pays de l'OCDE (50%). Une faiblesse qui s'explique par l'étroitesse du "répertoire", à savoir la liste officielle des molécules généricables, explique le quotidien économique.

En France, par exemple, l'aspirine et le paracétamol sont absents de cette liste, ce qui n'est pas le cas des autres pays. Cette absence est le fait du fabricant du Doliprane, le laboratoire Sanofi, qui "a obtenu que le paracétamol ne soit pas inscrit au répertoire afin d'éviter que des génériques ne puissent être substitués à son produit lorsqu'il s'agit d'achat sur prescription".

Ce type de restrictions n'incite pas les génériqueurs à pénétrer le marché français. D'autant que "le circuit commercial n'est pas le même que pour les médicaments princeps", observent encore Les Echos. En effet, d'après Philippe Gehin, un consultant en stratégie commerciale, "l'interlocuteur du fabricant, ce n'est pas le médecin mais le pharmacien d'officine. Il y a donc une prime à la proximité, à la connaissance fine du maillage officinal hexagonal".

Si le marché des génériques ne décolle pas, c'est enfin parce qu'un "argument décisif" s'ajoute à ces obstacles : l'importance des remises offertes aux pharmaciens sur les génériques. "Plus la commande est importante plus cette remise est élevée, signale le quotidien. D'où la volonté de la profession de passer des contrats, avec un nombre très limité de génériqueurs offrant une large gamme".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)