Médicaments génériques : les pistes du Trésor pour de nouvelles économies

Dans une note, le Trésor encourage à intensifier le recours aux médicaments génériques. Diminuer l'écart de prix avec les médicaments princeps et renforcer leur prescription générerait davantage d'économies.

Afin de relancer la part des génériques dans la consommation de médicaments, la direction du Trésor vient d'émettre, dans une note, quelques pistes qui devraient permettre à la France de réaliser davantage d'économies. La substitution d'un médicament princeps par un générique a déjà porté ses fruits, rappellent Les Echos  En 2013, les économies ont atteint 3,4 milliards d'euros, "dont 1,8 milliard a été rétrocédé aux pharmaciens pour les remercier d'avoir mis en œuvre cette politique".

Aux yeux du Trésor, toutefois, ces résultats restent insuffisants. En effet, si on la compare aux autres pays de l'OCDE, la consommation française de génériques est 1,6 fois inférieure à la moyenne. En médecine de ville, ceux-ci ne représentent d'ailleurs qu'un tiers des dépenses de médicaments remboursables.

La première action proposée par le Trésor vise à agir sur le prix et à abaisser celui du princeps "afin que l'écart ne soit plus que de 10% avec le générique". Le gain obtenu serait de 635 millions d'euros, calcule le Trésor.

Pour une économie d'un milliard d'euros, il faudrait en revanche "se référer au marché plus large de la "molécule" et non plus d'un même "groupe générique", pour faire baisser à la fois le prix du princeps et de certains génériques".

L'autre piste suggérée concerne la prescription par les médecins. D'après le Trésor, il faudrait les obliger à prescrire davantage la molécule plutôt que le médicament princeps, notamment en contrôlant leurs logiciels médicaux et leurs prescriptions. Par ailleurs, "la part des génériques devrait également apparaître clairement dans les primes des libéraux (ROSP) et les dotations des maisons de santé", poursuit le quotidien économique.

Parallèlement à cela, l'accent doit être mis sur le développement des médicaments biosimilaires, qui permettent également de faire baisser les prix de 25%. C'est certes moins que les 70% obtenus via les génériques, mais ce n'est pas négligeable. La note du Trésor encourage ainsi  la possibilité pour le médecin de substituer les médicaments classiques par des biosimilaires, "sous réserve de veiller au respect de certaines précautions", comme une surveillance clinique lors du traitement, ainsi que la traçabilité des produits.

 

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Frédéric Lavignette

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