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Médicaments en accès libre : des prix très contrastés

Le prix des médicaments en accès libre peut varier du simple au double selon les pharmacies. Le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui rappelle dans une enquête publiée le 23 décembre 2009 que les médicaments en libre service devaient notamment faire baisser les prix. Or "d'une ville à l'autre, voire d'une pharmacie à l'autre, les écarts de prix sont considérables", note le journal qui épingle au passage certaines pratiques des laboratoires pharmaceutiques.

La mesure autorisant la vente libre d'un certain nombre de médicaments dans les pharmacies a-t-elle créé des effets contre-productifs ? Si l'on en croit une enquête du Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), il semble que le consommateur est la première victime de cette mesure entrée en vigueur le 1er juillet 2008...

A cette date, rappelle le quotidien, "le décret permettant l'accès direct à certains médicaments devant le comptoir visait à “améliorer l'accès des patients” à l'information médicale et à “leur offrir un choix éclairé“". En d'autres termes, le but envisagé par le ministère de la Santé consistait à créer une logique de concurrence entre les officines pour faire baisser les prix des médicaments.

Cet effet ne s'est pas produit partout. "D'une ville à l'autre, voire d'une pharmacie à l'autre, des écarts de prix sont considérables", note Le Parisien/Aujour­d'hui. Exemple : une boîte de pastilles Rennie®, utilisée contre les brûlures d'estomac, peut être vendue à 4,90 euros dans certaines pharmacies parisiennes, contre 9,55 euros à Strasbourg... Même constat pour le Nurofen®, un médicament contre les migraines. On peut l'acheter 1,48 euro à Paris, contre 2,90 euros dans une offi­cine de Montpellier.

Ces écarts de tarifs trouvent leur explication du côté des laboratoires pharmaceutiques, explique le quotidien : "Si ces derniers accordent des remises importantes aux pharmacies indépendantes, ils ne veulent pas entendre parler des centrales d'achat qui regroupent, elles, des milliers d'officines."

Créées l'été dernier par un décret, les centrales d'achat permettent aux pharmacies de se regrouper afin d'acheter des médicaments directement aux laboratoires, sans passer par les grossistes. La suppression de cet échelon de la chaîne de distribution se répercute sur le prix de vente du produit. Mais les laboratoires évitent de traiter avec ces officines car elles cassent les prix du marché. Tout est donc fait pour éviter leur développement. Par conséquent, "dans ces pharmacies, les médicaments en libre-service sont 30% trop cher", souligne le journal.

Les laboratoires ne manquent ni de stratégies, ni de prétexte "pour gagner le maximum d'argent", explique un cadre du secteur sous couvert d'anonymat. Par exemple, certains organisent une hausse de prix dans les zones les moins concurrentielles. "Un grand laboratoire américain a même codifié tout ça, explique-t-il. Il classe les pharmacies en fonction de leur situation géographique : la lettre A désigne celles situées à proximité des centres-villes, celles en forte concurrence. Le B, c'est pour les banlieues et le C pour les campagnes." Depuis le début de l'année, les prix facturés par les laboratoires aux pharmaciens ont augmenté de 7 à 8%, constate Le Parisien/Aujourd'hui.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)