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Médicament : réduire les dépenses

Les Français sont les plus grands consommateurs de médicaments en Europe, rappelle Le Monde (page 22). Quelles sont les raisons de ce record ? Tout d'abord, explique ce quotidien, les médecins français ont tendance à prescrire les produits les plus récents, et donc les plus chers. Ensuite, poursuit ce quotidien, "en France, 90% des consultations chez le généraliste donnent lieu à une ordonnance, contre 72% en Allemagne et 43% aux Pays-Bas. Parmi les personnes âgées de plus de 65 ans en affection longue durée, 1,5 million consomment 7 médicaments de classes thérapeutiques différentes".

"L'avantage du système français est sa générosité : quel que soit le prix du médicament, il est accessible à tout le monde. L'inconvénient, c'est que nous n'avons pas trouvé la mécanique de régulation de la dépense", explique Noël Renaudin, président du Comité économique des produits de santé (CEPS). Rappelons que le CEPS est chargé de fixer le prix des médicaments en fonction du service médical rendu (SMR).

Pour réduire les dépenses de médicaments remboursés par la "Sécu" (20,3 milliards d'euros en 2006), le gouvernement envisage de proposer en accès direct dans les pharmacies certains médicaments délivrés sans ordonnance, rappelle Le Monde. "Le principe est acté" et le décret devrait être publié sous trois mois, confirme le ministère de la Santé. Il reste désormais à établir la liste des pathologies concernées. Pour autant, il n'est pas question d'autoriser la vente de ces médicaments dans les grandes surfaces, assure la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. "Nous ne renonçons pas au rôle de conseil du pharmacien."

Face à une croissance des dépenses de médicaments d'environ 15% depuis 2002, les autorités sanitaires tirent la sonnette d'alarme. Tour à tour, le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, la Cour des comptes, et la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) ont émis des recommandations convergentes pour tenter de modifier le comportement des usagers et surtout des prescripteurs.

Dernière mise en garde : celle de l'inspection générale des Affaires sociales. L'Igas estime que l'information délivrée aux médecins par les visiteurs médicaux des laboratoires pharmaceutiques est trop souvent biaisée, note Le Figaro (page 11). Ces visites médicales "s'inscrivent dans une stratégie promotionnelle très large, qui englobe la presse médicale, les divers dispositifs de formation médicale et les leaders d'opinion", souligne l'Igas, cité dans Libération (page 15). Elles coûtent "plus de 25.000 euros par généraliste et par an".Cette inspection plaide pour une "action vigoureuse des pouvoirs publics, qui doit s'accompagner d'une régulation du volume de l'effort promotionnel des laboratoires".

A lire aussi – Moderniser pour plus de qualité

Instauration des franchises médicales, abandon du projet de réglementation de l'installation des médecins… Dans une longue interview au Quotidien de la Réunion, daté du 3 novembre (page 12), Jean-Pierre Davant dénonce l'incapacité des politiques à "articuler une modernisation du système de santé". "On aurait pu attendre que le débat ait lieu sur le financement de la santé", avant d'appliquer les franchises médicales, estime le président de la Mutualité française. Par ailleurs, en renonçant à organiser une meilleure répartition des médecins sur le territoire, "le gouvernement fait retraite en rase campagne, après trois jours de grève" des internes.

"Chaque citoyen a droit à des soins de qualité : il faut une évaluation des pratiques médicales et une vraie formation continue, pas une parodie de formation aux mains des laboratoires pharmaceutiques", poursuit Jean-Pierre Davant.
Dans un autre entretien, publié dans L'Argus de l'assurance du 2 novembre, Jean-Pierre Davant explique le message de la dernière campagne de communication de la Mutualité française : "Nous voulions montrer que les Français, qu'ils soient de gauche ou de droite, se retrouvent parmi les 38 millions d'adhérents aux mutuelles de la Mutualité française, avec un but commun : défendre un système de santé solidaire et efficace."

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)