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Médicament : essai clinique mortel

Le patient en état de mort cérébrale, après sa participation à un essai thérapeutique de phase 1 d’un nouveau médicament destiné à traiter la douleur et l’anxiété, est décédé dimanche, annonce Le Parisien/Aujourd’hui (page 9). "L’état de santé des cinq autres patients hospitalisés reste stable", précise le CHU de Rennes (Ille-et-Villaine), cité dans Le Figaro (page 13). Quatre d’entre eux présentent toujours des troubles neurologiques.

Parmi les "84 autres personnes volontaires ayant été exposées au médicament de l’essai" – toutes contactées suite à cet accident thérapeutique – dix "ont été reçues en consultation" samedi après-midi au CHU de Rennes. "Les anomalies cliniques et radiologiques présentes chez les patients hospitalisés n’ont pas été retrouvées chez ces dix volontaires", souligne l’hôpital.

Lors de sa visite, vendredi à Rennes, la ministre de la Santé a rappelé que Biotrial, la société qui menait ces tests pour le compte du laboratoire portugais Bial, avait fait l’objet de deux inspections de routine en 2014, qui avaient donné des résultats positifs. "Toutes les questions seront posées", a-t-elle promis. S’engageant à une "transparence absolue", la ministre de la Santé n’a toutefois pas relevé le fait que les autorités sanitaires n’ont été prévenues que quatre jours après l’arrêt de l’essai, souligne Le Monde daté de dimanche-lundi (page 5).

Trois enquêtes sont ouvertes pour essayer de comprendre les faits, précise de son côté Le Journal du Dimanche (page 13) : la première par l’Igas, saisie par le ministère de la Santé, la seconde par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), et une enquête de flagrance pour homicide involontaire par le pôle santé du Parquet de Paris.

En 2014, 20.000 volontaires ont participé à 821 essais cliniques pour des médicaments, note Le Figaro. Ces derniers peuvent effectuer plusieurs essais, mais jamais simultanément et doivent respecter un intervalle entre chaque expérimentation. L’indemnisation accordée varie selon la durée du test et ne rémunère pas la "prise de risque". Elle s’élevait de 1.900 euros pour l’essai effectué pour Biotrial.

"Cette question est importante, estime dans Libération (pages 14 et 15) le Pr Bernard Bégaud, pharmacologue à l’université de Bordeaux. En France la rémunération est plafonnée à 4 500 euros par an. Une limite que l’on retrouve dans tous les pays européens, car elle découle d’une directive européenne, transposée en 2004. Ce texte prévoit aussi la création d’un registre des volontaires sains, cela afin d’éviter la professionnalisation de ceux qui y participent."

A lire aussi - Un plan d'urgence pour l'emploi

Le président de la République présente ce matin son nouveau plan d’urgence pour l’emploi, axé sur la formation, l’apprentissage et des aides à l’embauche pour les PME, dans l’espoir d’inverser enfin la courbe du chômage d’ici à 2017, annoncent Les Echos (pages 2 et 3). Dubitative, voire ironique, la presse est plus que réservée sur l’efficacité du dit plan, dont la réussite conditionnera la candidature de François Hollande à un second mandat. Plusieurs quotidiens soulignent par des titres mordants l’enjeu personnel des annonces présidentielles. "Chômage : le plan de Hollande pour être candidat", peut-on lire à la "une" du Figaro, tandis que Le Parisien/Aujourd’hui titre : "Chômage : le calcul de Hollande."
"Si personne ne conteste l’utilité de donner une formation aux chômeurs, chacun sait qu’il faut auparavant créer les conditions de leur embauche", à savoir : "une baisse massive des charges et de la fiscalité, et une beaucoup plus grande flexibilité dans le droit du travail", écrit Gaëtan de Capèle dans l’éditorial du Figaro (page une). En revanche, dans celui de Libération (page 3), Laurent Joffrin déplore "le masochisme français inépuisable" et se met à "espérer, si la tendance se poursuit, si la croissance prend le relais, voir reculer le fléau qui mine [le pays] depuis tant d’années. Rêvons un peu : les pessimistes pourraient finalement se tromper".

En bref


Social
- "Les dysfonctionnements à l’hôpital Pompidou." Après le suicide du Pr Jean-Louis Maignien, victime de harcèlement moral, une commission externe pointe notamment des nominations opaques. Le Parisien/Aujourd’hui page 9.
- "L’action de groupe « santé » : une illusion d’optique ?" La loi de santé, adoptée le 17 décembre, ne prévoyant aucune phase préalable de recevabilité, il faudra attendre au moins un an avant le premier jugement sur les éventuelles recevabilités et responsabilités. Les Echos, supplément Business page 4.
- "Nouvelle alerte sur le financement du RSA pour 2016." Les départements refusent d’assumer une nouvelle hausse des dépenses de RSA cette année, mais l’Etat n’est pas prêt à reprendre les choses en main. La Croix page 6.

Santé
- "Le dossier médical à votre bras." MyMDband développe un bracelet permettant un accès instantané aux informations médicales de son porteur. Le Parisien/Aujourd’hui page 11.
- "Le diabète gestationnel, un danger pour la mère et l’enfant." Une surconsommation de pommes de terre s’ajouterait à la liste des risques de développer cette maladie au cours de sa grossesse. Le Figaro santé page 9.
- "Hernies abdominales : une chirurgie pas si simple." Les progrès des interventions sur ces excroissances devraient améliorer le confort du malade pendant et après l’opération. Le Figaro santé page 10.

Economie sociale
- "Le Solilab, épicentre de l’économie sociale à Nantes." Installée dans une ancienne friche industrielle, ce bâtiment offre une vitrine et un lieu de travail aux acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire. La Croix page 15.

 

 

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)