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Mediator® : Servier savait depuis 1995

Le laboratoire Servier ne pouvait ignorer, depuis le début des années 1990, la nocivité de son médicament antidiabétique, révèle la "une" du Monde. "Il s'est pourtant constamment employé à minimiser ce fait", souligne le quotidien du soir. "Un rapport de la fi­liale britannique de Servier établissait en 1993, qu'une fois absorbé par l'organisme, le Mediator® donnait un composé, la norfenfluramine, dont il a été établi en 1995 qu'il était dangereux", précise Paul Benkimoun du Monde (page 13). Cela n'a pas empêché le laboratoire de continuer à affirmer en 2008, la tolérance cardiovasculaire "satisfaisante" du benfluorex, le nom scientifique du Mediator®, dans la documentation remise à ses visiteurs médicaux.

Lorsque Servier demande au Pr Lucien Abenhaïm de monter l'étude IPPHS, lancée en septembre 1992, qui démontrera la toxicité des molécules de la famille des fenfluramines, il se garde d'y inclure le benfluorex, souligne Le Monde. De même, l'étude britannique ne semble pas avoir été transmise au centre régional de pharmacovigilance de Besançon, chargé en 1995 et 1998 par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) d'instruire le dossier Mediator®.

Lucy Vincent, directrice générale de Servier, dément formellement les conclusions du Monde. "La science n'était pas assez avancée en 1995 pour qu'on sache", assure-t-elle dans Le Parisien/Au­jourd'hui (page 8).

Pour le député socialiste Gérard Bapt, le laboratoire a fait preuve de "dissimulation à l'égard des médecins et même de fraude, s'agissant d'une enquête officielle de l'Afssaps". Me Charles-Joseph Oudin, un des avocats des victimes du Mediator®, estime pour sa part que les informations publiées par Le Monde accréditent la notion de "tromperie aggravée".

Dépassements d'honoraires en hausse
Les dépassements d'honoraires des professionnels de santé libéraux ont augmenté de plus de 6% en 2010, a indiqué hier la Mutualité Française, citée par Le Figaro-économie (page 17). Ces dépassements désignent les montants facturés au-delà du "tarif Sécu", donc non remboursés par l'assurance maladie, bien que légaux, rappelle ce quotidien. La Mutualité estime que leur progression "est l'un des facteurs d'augmentation des cotisations des mutuelles".

"En 2010, les dépassements progressent presque deux fois plus rapidement (+6,1%) que le total des honoraires (+3,2%)", constate la FNMF, sur la base de données du régime général de l'assurance maladie portant sur les honoraires des professionnels de santé libéraux et les frais de transport.

"Les dépassements les plus importants sont souvent observés à l'hôpital public", où certains praticiens sont autorisés à les pratiquer, a récemment souligné Etienne Caniard, devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis). A l'hôpital, ces dépassements peuvent servir de "coupe-fil", a-t-il dénoncé, appelant les pouvoirs publics à mieux encadrer ces "dérapages".
John Sutton