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Mediator® : Servier nie en bloc

"Comment pouvez-vous dire qu’il n’y a eu que trois morts ?", a demandé à Jacques Servier, président du laboratoire du même nom, un député membre de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur le Mediator®, mercredi soir, révèle Le Figaro (page 11). "Je l’avoue, ils viennent seulement de ma conviction personnelle. Tout est très compliqué dans cette affaire", s’est-il défendu, après avoir présenté son entreprise, deuxième groupe pharmaceutique français, comme "une maison provinciale timide et très axée sur la recherche".

Le PDG de Servier avait imposé ses conditions à la mission parlementaire : une audition à huis clos et pas de procès-verbal. Le ministre de la Santé a jugé "dommage" ces conditions. "Jacques Servier a quand même daigné venir. Mais pas franchement seul. Plus d’une dizaine de hauts responsables de son laboratoire l’ont ainsi accompagné, provoquant une audition cocasse, avec, dans la salle, plus de gens de Servier que de députés pour les écouter", observe Eric Favereau dans Libération (page 15).

Dans sa déclaration préalable, Jacques Servier a insisté, avec un humour dé¬placé, sur le fait qu’il avait eu "toutes les autorisations ministérielles et superministérielles nécessaires" pour lancer le Mediator®. "Nous avons obtenu l’autorisation de mise sur le marché du Mediator® en 1974 (...). Il avait été très soigneusement contrôlé par les autorités depuis 1976 (date du début de sa commercialisation NDLR)", a-t-il détaillé, selon Le Figaro. Le PDG de Servier continue de nier l’appartenance du Mediator® à la famille des amphétamines, un fait admis par la communauté scientifique.

Comment explique-t-il l’épidémie de valvulopathies constatée chez les consommateurs de ce médicament ? "La multiplication extraordinaire des cas de valvulopathies depuis une trentaine d’années est due au mérite des cardiologues. Ils ont bien travaillé et se sont servis d’instruments raffinés."

"Les débats ont été houleux, notamment entre les députés Maxime Grémetz (PC) et Jean-Marie Le Guen (PS) et certains représentants de Servier", constate Le Figaro. "C’est une honte, je m’en vais, je ne peux même pas poser de questions", a lancé Maxime Grémetz, qui a pris du Mediator® pendant quinze ans. "On n’a franchement pas progressé sur le plan de la vérité", a regretté Jean-Marie Le Guen. "Cela manquait beaucoup d’empathie pour les victimes", a jouté le député socialiste Jean-Louis Touraine, cité dans Libération.

Par ailleurs, l’affaire du Mediator® et les difficultés d’accès aux soins ont plombé la confiance des Français dans leur système de santé, selon un sondage LH2, réalisé pour le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). Certains assurés sociaux affirment renoncer à des soins pour des raisons financières. La plus forte proportion concerne les soins dentaires (30%), devant l’optique (22 %) et les médicaments mal remboursés (21%). Enfin, 66% des personnes interrogées font moins confiance à l’industrie pharmaceutique.

La réforme fiscale épargne l'assurance-vie
Le gouvernement a posé hier les jalons de la future réforme fiscale. Celle-ci verra la suppression du bouclier fiscal – dispositif plafonnant l’impôt des contribuables à 50% de leurs revenus – "et un aménagement profond, voire la suppression" de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), indique Le Figaro-économie (page 18). Parmi les pistes possibles de réforme de l’ISF, le relèvement du seuil d’entrée. Il pourrait passer de "790.000 à 1,3 million d’euros", avance La Tribune (page 4). Dans le même temps, le Premier ministre a as¬suré qu’il n’était pas question de toucher "à l’assurance-vie du petit épargnant, ni à aucun des placements qui ne sont pas à l’ISF aujourd’hui", poursuit La Tribune. En revanche, le ministère de l’Economie "réfléchit à une modification de la fiscalité pesant sur les plus-values réalisées dans le cadre des contrats d’assurance-vie par les assujettis à l’ISF".
Jean-Michel Molins et John Sutton