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Mediator® : Servier contre-attaque

Dans un document confidentiel in­terne à Servier, que Le Figaro (page 13) s’est procuré, le laboratoire réfute en bloc le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), l’évaluation du nombre de victimes du Mediator® et les accusations de "tromperie". Le rapport de Servier, rédigé par une vingtaine de scientifiques du groupe, utilise les faiblesses et certaines imprécisions du document de l’Igas pour chercher à décrédibiliser l’ensemble de ses conclusions, souligne Le Figaro. Il faut dire que ces dernières étaient sans appel. Le laboratoire se défend notamment en mettant en avant les différences entre le Mediator® et l’Isoméride®, leur mode de transformation dans l’organisme et leurs effets.

Le Figaro publie dans la même page (page 13) une interview de l’avocat de Servier, Me Temime. "Le laboratoire n’a trompé, ni voulu tromper ni les médecins, ni les patients, ni le système de santé. C’est impensable", assure l’avocat. "Nous ne contestons pas le fait que le Mediator® ait pu avoir des effets secondaires sur certains patients, et nous le regrettons profondément", déclare-t-il avec beaucoup de compassion pour les victimes. "En revanche, les méthodes de calcul qui ont permis d’aboutir à un chiffre de 500 à 2.000 morts, lequel donne à cette affaire ses proportions actuelles, manquent de la plus élémentaire rigueur. L’information judiciaire aura pour objet de le démontrer."

Les médecins pour une rémunération à la performance
Interrompues depuis fin avril, les négociations sur la convention médicale devraient reprendre "dans la première quinzaine de juin", selon le directeur général de la Caisse nationale d’assu­rance maladie (Cnam), Frédéric van Roekeghem, notent Les Echos (page 5). La Confé­dération des syndicats médicaux français (CSMF) et le Syndicat des médecins libéraux (SML) ont présenté hier leurs propositions, sur lesquelles "il faudra négocier". "Sans quoi, c’est simple, il n’y aura pas de convention", menace Michel Chassang, président de la CSMF.

Que réclament les deux syndicats ? D’abord une hausse "immédiate" du tarif de la consultation des généralistes à 25 euros ainsi qu’une revalorisation de certaines spécialités comme la pédiatrie ou la dermatologie, indiquent Les Echos. "Le tarif de la consultation vient juste de passer de 22 à 23 euros, une nouvelle hausse n’est pas la priorité", a réagi le directeur de la Cnam.

L’autre proposition des syndicats se veut plus novatrice. La CSMF et le SML souhaitent la création d’un complément de rémunération, inspiré des systèmes de "paiement à la performance" anglo-saxons, explique Le Figaro-économie (page 22). Ce supplément de rémunération pourrait rapporter aux médecins entre 12.000 et 15.000 euros par an, soit beaucoup plus que les 3 000 euros supplémentaires en moyenne que leur rapportent actuellement les contrats d’amélioration des pratiques individuelles (Capi).

Les praticiens seraient ainsi évalués en fonction de critères de qualité légèrement différents de ceux des Capi : suivi des maladies chroniques, informatisation des cabinets médicaux, prévention et dépistage des cancers, de l’alcoolisme, de l’obésité et prescription de médicaments génériques, résume Le Figaro-économie. Les deux syndicats se gardent bien de chiffrer le coût de leurs propositions. La prévention ou le meilleur suivi des malades chroniques généreront des économies, font-ils valoir.

"On a pris acte avec intérêt des propositions de la CSMF et du SML, qui feront partie des points évoqués dans les négociations à venir", a déclaré Frédéric van Roekeghem. En revanche, prévient-il, "atteindre 12.000 à 15.000 euros semble délicat". "Il y aura un écart entre les souhaits des syndicats et le possible. Nos marges de manœuvre ne sont pas importantes", ajoute-t-il. Le directeur de l’assurance maladie compte présenter sa première ébauche de convention à la mi-juin et conclure les négociations en juillet.

John Sutton