Mediator® : présentation du fonds d’indemnisation en Conseil des ministres

"La bataille de l'indemnisation a commencé", titre Le Figaro (page 11) pour annoncer la présentation ce matin en Conseil des ministres, du fonds d'indemnisation des victimes du Mediator®. Ce texte s'inscrit dans le cadre de la loi de finances rectificative, qui sera votée cet été. Il faudra ensuite attendre la mise en place du fonds, prévue pour début septembre, au plus tôt.

Concrètement, explique Le Parisien/Au­jourd'hui (page 11), les patients qui ont pris du Mediator® et ont développé une pathologie cardiaque seront examinés par un comité d'experts médicaux. Après diagnostic, ils proposeront éventuellement une indemnisation financière. A partir de là, le dossier sera transmis au laboratoire Servier. Soit celui-ci accepte, soit il refuse et dans ce cas l'Etat versera lui-même l'indemnité, mais appliquera une pénalité de 30% sur ce montant et demandera à Servier de se faire rembourser, sous peine de poursuites pénales.

"On estime que ces risques de pénalités les feront réfléchir. Ils ont tout intérêt à jouer le jeu", indique-t-on au ministère de la Santé. Ce dernier a souhaité mettre clairement en avant dans le texte la responsabilité du laboratoire qui a fabriqué et commercialisé le Mediator®. "Les médecins n'auraient donc été que les ”victimes” des visiteurs médicaux de Servier, qui les ont incités à prescrire ce médicament hors du cadre de l'autorisation", commente Le Figaro. Le quotidien ajoute que "le Mediator® n'a pu être commercialisé que parce que (...) l'Agence du médicament l'avait autorisé. Et il n'a pu rester sur le marché que parce que cette même agence n'a pas effectué les contrôles nécessaires".

Naissance d'Istya
"Naissance d'un géant de l'assurance complémentaire santé", titre La Tribune, en appel de "une", pour saluer le re­groupement de cinq grandes mutuelles de la Fonction publique. "La concentration des mutuelles s'accélère", constate pour sa part Le Figaro-économie (page 20). Baptisé Istya, un nom inspiré de la déesse du foyer, ce "géant de la complémentaire santé", qui rassemble la MGEN, la MNH, la MNT, la MGET et la MAEE. Elle protégera 6 millions de personnes et deviendra le premier groupe mutualiste devant l'union Harmonie mutuelles.

"Ce n'est pas une fusion, explique Thierry Beaudet, président d'Istya, dans un long entretien à La Tribune (page 16). Chaque mutuelle va conserver son nom, son identité, sa propre dynamique mutualiste. (...) Nous voulons créer un vrai groupe avec des mécanismes de solidarité financière entre les mutuelles membres." Ce nouvel ensemble "a dégagé l'année dernière un chiffre d'affaires consolidé de 3,5 milliards", précise Le Figaro-économie.

"Avec 6 millions de bénéficiaires, nous pourrons monter des programmes de prévention et d'éducation thérapeutique à grande échelle, et agir en particulier sur l'accompagnement des personnes en ALD souffrant de maladies chroniques", précise-t-il toujours dans La Tribune.

"Istya revendique quatre métiers. Vous n'êtes donc plus des mutuelles santé ?", interroge Séverine Sollier, dans La Tribune. "Nous sommes un acteur de la santé, en tant qu'assureur complémentaire, gestionnaire des prestations pour le compte de la Sécurité sociale et offreur de soin, avec nos 33 établissements sanitaires et sociaux", répond Thierry Beaudet. "Nous sommes aussi un acteur de la prévoyance, avec plus de 500 millions d'euros de cotisations dans ce domaine, ajoute-t-il. De plus, nous sommes le premier assureur de la dépendance, avec près de 2,5 millions de personnes couvertes. Enfin, nous sommes distributeurs du produit mutualiste de retraite complémentaire facultative : le Corem."

Le président d'Istya s'exprime également dans Le Figaro-économie : "Nous sommes comme au premier jour des militants de la Sécurité sociale et de la culture du service public, estime-t-il. Nous défendons les valeurs de démocratie sociale et de solidarité, portées par le mutua­lisme." D'autres mutuelles pourraient intégrer ce nouvel ensemble. "La Mutuelle civile de la Défense a fait part de son intention de rejoindre le groupement et des discussions sont engagées avec d'autres mutuelles, y compris hors de la Fonction publique", précise, dans Les Echos, Serge Giacometti, directeur général adjoint d'Istya et directeur général de la MNT.
John Sutton