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Mediator® : pourquoi la Mutualité Française porte plainte contre le laboratoire Servier

L'information sur la plainte de la Mutualité Française pour "escroquerie et tromperie aggravée" contre le laboratoire Servier est reprise ce matin dans plusieurs quotidiens : Le Figaro-économie (page 22), L'Humanité (page 10) et La Croix (page 10). D'autre part, Michel Cymes a interrogé hier Etienne Caniard, en direct sur France 5, dans le "Magazine de la santé", sur les motifs de cette plainte.

"Il y a trois raisons extrêmement simples, a expliqué le président de la Mutualité. La première c'est la défense des intérêts des mutualistes. Il ne faut pas oublier que derrière le scandale du Mediator®, il y a d'abord un drame humain. Deuxième raison : cela va nous permettre de nous porter partie civile au procès, et donc de mieux comprendre l'accumulation des dysfonctionnements et faire nous aussi des propositions pour éviter qu'ils ne se reproduisent. La troisième raison, c'est évidemment de réparer le préjudice financier des mutuelles, qui s'élève à environ 100 millions d'euros."

"Les relations entre la Mutualité et les labos ne sont pas toujours très amicales", relève Michel Cymes. "Elles sont en fait assez rares, rectifie Etienne Caniard. Nos intérêts apparaissent souvent comme opposés. Peut-être, d'ailleurs, ne travaillons-nous pas assez ensemble pour essayer de sortir de ce jeu de dupes dont les victimes sont les Français. Aujourd'hui, dans bien des domaines, les laboratoires occupent un terrain qui devrait être réservé aux pouvoirs publics comme la formation médicale continue, l'information et le financement d'études sur les médicaments." "S'il y avait un partage des rôles plus explicites, nous pourrions éviter ce genre de drame et aussi le discrédit qui touche l'ensemble de la chaîne du médicament."

En trente ans, de nombreux médicaments ont été déremboursés, certains interdits, pourquoi le Mediator® est-il passé à travers les mailles du filet ?

Pour le président de la Mutualité, cela s'explique "par les faiblesses de la chaîne d'évaluation du médicament et par les conditions de mise sur le marché". "L'Afssaps assure à la fois la pharmacovigilance et délivre l'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour la France. Il lui est donc extrêmement difficile de se déjuger une fois qu'elle a accordé l'AMM", explique-t-il.

Est-ce que la Mutualité va se faire en­tendre plus souvent sur l'efficacité des médicaments ? "L'exemple du Mediator® va surtout nous servir à montrer qu'il faut arrêter de placer tous les médicaments sur le même plan. Cette situation entretient une rente pour des produits totalement inutiles et porte préjudice à l'innovation", estime Etienne Caniard. "En dehors de la tromperie sur le fait que le Mediator® était en réalité un anorexigène, le vrai problème dans cette affaire tient à sa large prescription en dehors des indications de l'AMM. Nous devons être extrêmement vigilants sur ce point", ajoute-t-il. "La pression des patients sur leur médecin est réelle, mais elle s'explique, en partie, par la pression exercée par les laboratoires pharmaceutiques à travers l'information", conclut le président de la Mutualité.

Solvabilité 2 : mesures de transition
"Encourageant, mais pas totalement rassurant", réagissent l'ensemble des assureurs à la directive Omnibus 2, qui prévoit des mesures de transition avant l'application de Solvabilité 2, indique La Tribune (page 19). "Ce texte n'est qu'un projet, il reste à voir si le Parlement acceptera de laisser autant de marges de manœuvre à la Commission, et dans quelle mesure celle-ci décidera en fin de compte de les utiliser", estime Yannick Bonnet, responsable Vie et finances du Gema, dont le message reste : "Pour l'instant, on ne change rien, on continue à se préparer en visant le début 2013." La Mutualité Française estime pour sa part que les mesures de transition sont un "faux débat". "Notre problème, ce n'est pas la transition, mais la destination", assure son directeur général, Jean-Martin Cohen Solal. Pour lui, "Solvabilité 2 risque de tuer les petites mutuelles en les soumettant à des obligations aussi lourdes qu'injustifiées au vu du risque qu'elles représentent". La Mutualité espère encore que le nouveau cadre prudentiel pourra être simplifié et allégé, notamment sur la santé, mais aussi sur les produits de retraite, note La Tribune.
John Sutton