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Mediator® : nouvelles mises en examen

L’affaire du Mediator® suit activement son cours devant la justice. Vendredi, deux nouvelles mises en examen ont été prononcées dans ce dossier. Elles concernent Jean-Philippe Seta, le directeur opérationnel du groupe Servier, et l’ex-sénatrice (UMP) Marie-Thérèse Hermange.

Après la mise en examen de Jacques Servier lui-même sur plusieurs volets de l’affaire, et celle du secrétaire général du laboratoire, Christian Bazantay, c’est donc au tour de ces deux nouvelles personnalités d’être mises en cause dans le cadre de l’enquête pour trafic d’influence visant les fabricants du Mediator®.

Comme l’indiquent Les Echos (page 17), “Jean-Philippe Seta et Marie-Thérèse Hermange sont soupçonnés d’être intervenus pour qu’un rapport sénatorial minimise” la responsabilité de Servier et insiste sur celle de l’Agence nationale du médicament (ex-Afssaps, devenue ANSM en 2012).

Les soupçons qui pèsent sur eux, poursuit le quotidien, sont nés à la suite d’écoutes téléphoniques entre Jean-Philippe Seta et l’ancien directeur général de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Claude Griscelli. Dans leur conversation, qui a été enregistrée, poursuivent Les Echos, ce dernier indiquait au dirigeant de Servier que Marie-Thérèse Hermange, responsable d’un rapport sénatorial en 2011, lui avait “demandé d’aller travailler avec elle pour le Sénat” sur ce document et que cette collaboration aurait “fait changer pas mal de choses” sur le texte.

Claude Griscelli et la sénatrice se connaissent de longue date, précise Libération (page 13). Et sous l’influence de Jean-Philippe Seta, tous deux auraient tenté de modifier le rapport sénatorial afin d’“élargir à d’autres la responsabilité du scandale du Mediator®”. Ainsi, écrit Le Parisien/Aujourd’hui, l’Afssaps est apparue comme “avoir redécouvert tardivement des travaux [sur le Mediator®] publiés pourtant dès les années 1970". En contrepartie, le laboratoire Servier était davantage ménagé.

Dans Libération, la pneumologue Irène Frachon, à l’origine de l’éclatement de l’affaire, raconte son audition par la commission sénatoriale. A plusieurs reprises, dit-elle, Marie-Thérèse Hermange l’a reprise en lui disant “qu’il fallait penser aussi aux salariés de Servier” et pas seulement aux victimes du Mediator®. La sénatrice, ajoute Irène Frachon, “reprenait au mot près la rhétorique de Servier, c’était du révisionnisme sur toute l’histoire. Elle falsifiait même les propos de mes propres articles. C’était à tomber par terre”.

Vaccins : moins d’injections

Changement de calendrier vaccinal ! Désormais, indique Le Parisien/ Aujourd’hui (page 46), les enfants subiront moins d’injections qu’auparavant, car les piqûres à l’âge de 3 mois et à 16 ans disparaissent. Pour autant, à l’âge de 2 mois, le bébé recevra tout de même son vaccin hexavalent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’haemophilus influenzae B et l’hépatite B, ainsi que celui contre le pneumocoque. Contre ces mêmes maladies, il recevra deux nouvelles injections à 4 mois et à 11 mois.

D’après Robert Cohen, pédiatre infectiologue au CHU de Créteil et coordinateur d’Infovac, “il y a trois avantages à réduire le nombre de doses : une diminution de la douleur lors de l’injection, une diminution des effets indésirables réels ou imputés aux vaccins, et une réduction des coûts”. Seule contrainte : ne pas oublier son rendez-vous de rappel, car “toute dose non faite ou retardée peut avoir des conséquences plus ennuyeuses qu’auparavant”, estime-t-il.

Pour ce qui est du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), son injection se fera désormais à l’âge de 1 an. En effet, selon ce médecin, “une vaccination trop précoce contre la rougeole entraîne une réponse en anticorps plus faible et moins constante”.

Concernant le papillomavirus humain (HPV), sexuellement transmissible et responsable de cancers du col de l’utérus, le nouveau calendrier prévoit d’immuniser les jeunes filles à l’âge de 11 ans et non plus à 14. Pour Robert Cohen, “c’est lorsque les vaccins sont faits à l’adolescence que la réponse immunitaire, donc le taux d’anticorps stabilisés, est la plus remarquable”.

Frédéric Lavignette