Mediator® : « Les médecins ne seront pas les payeurs »

Alors que la création du fonds public d'indemnisation des victimes doit être examinée mercredi en Conseil des ministres, Xavier Bertrand a annoncé hier, dans l'émission "C politique" sur France 5, que "les médecins ne seront pas les payeurs". Le ministre de la Santé a ainsi démenti une information parue la veille dans Le Figaro, selon laquelle "les payeurs seront soit le laboratoire Servier, soit les médecins qui ont prescrit le Mediator® hors des indications reconnues", rappelle La Tribune (page 39).

Le laboratoire Servier étant "le responsable direct", il sera appelé "systématiquement" par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) à indemniser les victimes de son médicament, a assuré le ministre. "C'est Servier qui a produit le médicament, l'Oniam ne va pas aller chercher la responsabilité d'un médecin", a fait valoir Xavier Bertrand, rapportent Les Echos (page 4).

Force est de constater que les médecins avaient plutôt mal accueilli cette possibilité. "Je trouve cela particulièrement scandaleux que l'on cherche des boucs émissaires dans cette affaire, à travers les médecins prescripteurs", s'est indigné Claude Leicher, président du syndicat de généralistes MG-France, cité dans Les Echos. Cette "accusation directe des médecins" est "complètement grotesque", a renchéri le président de la CSMF, Michel Chassang.

En revanche, l'Association d'aide aux victimes de l'Isoméride® et du Mediator® (Avim) estime que "le texte, pour être légal, ne peut pas viser uniquement Servier". En effet, "de nombreux médecins ont prescrit le Mediator® hors des indications reconnues pour son AMM, en particulier à des personnes souhaitant perdre du poids", soulignent Les Echos.

Toujours dans cette émission, mais sur un tout autre sujet, Xavier Bertrand a annoncé son intention de quadrupler le nombre de maisons de santé pluridisciplinaires d'ici fin 2011. Concernant la lutte contre les "déserts médicaux", il a rejeté d'éventuelles mesures d'interdiction d'exercer dans les zones sur-dotées. "Si nous touchons à la liberté d'installation, les médecins ne vont pas l'accepter", a justifié le ministre. Il a cependant reconnu que "les effets des mesures incitatives étaient trop limités pour l'instant".

Pas facile d'arrêter de fumer !
On le savait déjà, mais une série d'études scientifiques internationales publiées dans le dernier numéro de la revue Prescrire le confirme : le taux de réussite des candidats au sevrage tabagique est faible. Sur dix fumeurs, un seul y parvient au bout d'un an, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 13).

Les chercheurs américains observent que "le nombre élevé de produits chimiques contenus dans une cigarette crée une dépendance importante dans notre cerveau, dont il est très difficile de se débarrasser". Lorsque les fumeurs bénéficient d'une aide psychologique ou médicamenteuse, le taux de réussite augmente légèrement, pour atteindre 15% au bout d'un an. Mais, au grand étonnement des chercheurs, il n'existe pas de différence flagrante entre les deux stratégies : sevrage brutal ou progressif. Dans les deux cas, le taux de succès plafonne à 10% au bout d'un an. Pour le Pr Gérard Dubois, spécialiste du tabagisme, "cette étude démontre qu'il est aussi efficace d'arrêter du jour au lendemain que d'essayer d'arrêter progressivement sa consommation".
John Sutton