Mediator® : les malades du diabète incités à consulter leur médecin

A partir d'aujourd'hui, les 375.000 personnes ayant été traitées au Mediator®, cet antidiabétique qui aurait causé la mort d'au moins 500 personnes entre 1976 et 2009, vont recevoir une lettre de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), annonce Le Monde de samedi (page 10). Déjà mis en ligne sur le site Internet de l'agence, ce courrier les invite à consulter leur médecin, afin qu'il recherche "tout symptôme ou signe évocateur d'une atteinte d'une valve cardiaque".

"Les complications surviennent principalement dans les deux premières années de traitement. Le risque persiste dans les deux années qui suivent son arrêt et devient très faible au-delà", peut-on lire dans cette mise en garde. En novem­bre 2009, lors du retrait du Mediator® du marché, l'Afssaps avait déjà lancé une alerte, mais le message était mal passé et certains patients ne découvrent qu'un an après la nocivité du médicament.

De son côté, l'Association française des diabétiques (AFD) a lancé un appel à témoignages, qui a obtenu plus de 400 réponses. Ces personnes, diabétiques ou non, témoignent des complications dont elles ont été victimes et de leurs inquiétudes. Elles se demandent souvent pourquoi le retrait du médicament et l'information des patients ont tant tardé. L'AFD rappelle notamment que les diabétiques, souvent âgés, ne sont pas des utilisateurs habituels d'Internet, et souligne que les médecins n'ont pas toujours informé leurs patients des raisons de l'interruption du traitement.

Par ailleurs, le député socialiste Gérard Bapt, membre du groupe d'évaluation des politiques de santé à l'Assemblée nationale s'exprime sur ce sujet dans Le Journal du dimanche (page 13) : "En tant que député, je n'ai pas l'intention de passer la main. Le groupe socialiste a pris la décision de demander au président de l'Assemblée la création d'une mission d'information sur le Mediator®", déclare-t-il dans une interview. "J'ai peur que les intérêts économiques des grands laboratoires aient fait prendre des risques inacceptables", déplore le député de Haute-Garonne. "Lors de l'un des derniers débats conduits par Mme Bachelot, ministre de la Santé, elle s'est opposée à un amendement au Sénat obligeant les laboratoires à faire la publicité de toutes les conventions qu'ils contractent pour éviter les conflits d'intérêts. A qui la transparence fait-elle peur ? », interroge Gérard Bapt.

Palmarès des hôpitaux et des cliniques
Deux hebdomadaires publient simultanément leurs classements annuels des hôpitaux et des cliniques. Le Nouvel Observateur n° 2404 (pages I à XXXII) sélectionne les meilleurs établissements de France, en se basant sur les données issues du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) de 2009. Si les CHU restent les piliers de notre système de santé et occupent les quatre premières places du palmarès du Nouvel Obs, les grandes cliniques privées ne sont pas en reste. L'Institut mutualiste Montsouris (IMM) à Paris, obtient ainsi la 5e place du classement général. Les cliniques mutualistes de Grenoble, Lorient, Rennes, Saint-Etienne sont citées, notamment pour certaines spécialités. L'Express n° 3100 (pages 94 à 122) se livre à une autre sorte de classement, celui des "hôpitaux les plus sûrs", à savoir ceux qui luttent le plus efficacement contre les infections nosocomiales, à partir des indicateurs du ministère de la Santé. L'hebdomadaire note "un formidable progrès en seulement quatre ans, le cas de Marseille le montre". L'hôpital Lariboisière, à Paris, arrive en tête des 71 CHR-CHU, devant l'hôpital Emile-Roux de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), tandis que l'hôpital Bre­tonneau, à Paris, se classe 3e. Parmi les 321 centres hospitaliers de moins de 300 lits, la clinique mutualiste de Pessac (Gironde) remporte la palme !
John Sutton